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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 16:00

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Per contu meu, ùn aghju micca vutatu.
Hollande ùn hè u nostru presidente chì a Francia ùn hè u nostru paese.
Ma pudemu, quantunque, dì ciò chì ellu riprisenta per noi Sarkozy.
Sarkozy ghjè :
A miseria chì si sparghje in Corsica quant'è in Francia, u PADDUC, Clavier, u RAID, u ghjudice Courroye, a SDAT, i so amichi in ogni locu per fà i colpi più storti, e cundanne, e prigioni...
Allora, sta sera, li dimu bon' viaghju.

(6.V.2012)

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 19:35

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Le secteur du tourisme culturel est de nos jours privilégié dans de nombreuses régions du monde. Outre le fait qu’il correspond à une demande importante, il permet une meilleure répartition de l’activité touristique, dans le temps et dans l’espace (fréquentation sur l’ensemble de l’année, meilleur équilibre littoral-intérieur).

En la matière, les atouts de la Corse sont nombreux, et une prise de conscience s’est manifestée, particulièrement sur la nécessité de mettre en valeur nos sites artistiques, historiques et archéologiques.

Toutefois, nous voudrions aborder plus particulièrement ici un atout majeur, à notre disposition, et qui n’a pas, jusqu’à présent, été mobilisé au service de notre économie : la figure de Napoléon Bonaparte.

 

Il est tout à fait évident que les rapports complexes et ambivalents entre la Corse et l’Empereur prennent leurs racines dans une vision politique s’étant installée au fil des décennies. Cette vision politique relève d’une approche dichotomique ayant opposé la figure de Napoléon à celle de Paoli, le premier s’étant détourné de la Corse et ayant eu un comportement négatif à l’égard de ses compatriotes, le second étant en revanche considéré comme le héros de la Corse.

Le mouvement national est pour beaucoup dans cet état d’esprit qui s’est installé depuis fort longtemps. C’est bien ce mouvement qui a permis de maintenir vivant un véritable culte, parfaitement mérité, rendu au Babbu di a Patria.

Dans une large mesure, cette vision des choses (opposition entre Paoli et Napoléon) a sa logique et sa légitimité.

Toutefois, comme toute vision dichotomique, elle mérite d’être revisitée à travers une approche complexe. D’autant que le mouvement patriotique corse a entretemps muri, et qu’il est désormais en mesure de continuer à mobiliser le sentiment national à travers une grille de lecture plus fine.

On pourrait par exemple faire observer que Bonaparte, qui a précédé Napoléon, fut à vingt ans patriote et indépendantiste corse. On pourrait évoquer l’admiration qu’il nourrissait pour Pasquale Paoli.

Mais il faut surtout rappeler que Napoléon Bonaparte fait pleinement partie de l’histoire de la Corse et qu’il fut un enfant de la Révolution corse (1729-1769) avant d’être le produit de la Révolution française. 

 

La force de l’épopée impériale

 

La force propulsive de l’épopée napoléonienne n’a pas connu d’essoufflement. En témoignent les nombreux ouvrages qui continuent chaque année à paraître sur le sujet, et ce dans le monde entier et dans toutes les langues.

Les contrées qui ont un rapport quelconque avec l’empereur en font un atout touristique, parfois même de façon excessive : l’exemple de l’île d’Elbe est emblématique. Autre exemple : la commune de Cadenet (Luberon) dont est originaire André Estienne, le tambour d’Arcole (cf. site internet de l’Office de tourisme de la commune). Dernière illustration en date, le projet de parc à thème sur la commune de Montereau, site d’une victoire de Napoléon qui n’est pas du reste la plus importante…

Seule, la Corse persiste à ignorer l’Empereur, alors qu’elle en est la patrie d’origine. 

 

Pasquale Paoli : un déficit de notoriété à l’extérieur de l’île

 

Aujourd’hui, Pasquale Paoli est pratiquement inconnu en dehors de la Corse, y compris dans les villes américaines dont les noms témoignent de son parcours politique !

Pourtant, l’apport de Paoli et de la Révolution corse de 1729-1769 à la modernité politique est essentiel (il a du reste été réévalué par les travaux les plus récents) : séparation de la religion et de la politique, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes[1], première constitution moderne et démocratique de l’histoire de l’humanité…

 

Napoléon pour faire connaître Paoli et la Révolution corse

 

Outre son efficacité prévisible sur le plan touristique, le fait de mettre en avant la figure de Napoléon Bonaparte aurait l’avantage de permettre de faire connaître Pasquale Paoli et la Révolution corse du XVIIIe siècle, qui fut un véritable laboratoire des Lumières. En outre, cette démarche faciliterait la mise en valeur d’autres atouts touristiques, comme la collection Fesch, laquelle, directement liée à la famille impériale, présente en elle-même un attrait considérable au plan de l’histoire de l’art.

Ainsi, une politique de promotion touristique sur ces thèmes aurait de multiples avantages.

Elle suppose également la mise en œuvre d’un certain nombre de moyens.

 

Une politique de promotion sur ces thèmes, associée à un certain nombre de moyens

 

On observe actuellement que les touristes étrangers en Corse apprennent parfois avec surprise que l’Empereur est né dans l’île ! Ceci montre à suffisance la nécessité d’une démarche énergique de communication.

Par ailleurs, outre la valorisation des lieux et monuments déjà existants (Maison natale de l’Empereur à Aiacciu, Maison Paoli à Merusaglia, monuments divers…), il convient d’envisager la création d’un certain nombre de structures et d’équipements :

 

-         Deux instituts universitaires jumelés : un « Institut d’études napoléoniennes » et un « Institut d’études paoliennes et révolutionnaires corses » ;

-         Une « Bibliothèque-médiathèque napoléonienne » reliée à la « Bibliothèque de Corse » déjà prévue par la CTC, ainsi qu’à la médiathèque de l’Université de Corse ;

-         Un « Musée Napoléon » lié à un « Musée d’Histoire de la Corse » ;

-         Un parc à thème « Napoléon »…

 

L’objectif de ces structures serait bien évidemment de faire de la Corse un lieu de référence incontournable dans ces matières, ce qui aurait un grand nombre de retombées positives en termes de notoriété, mais également d’impact économique.

 

Une porte d’entrée pour un tourisme culturel diversifié

 

Bien entendu, il n’est nullement question pour nous de faire de Napoléon un second Babbu di a Patria, ni même de réduire le tourisme culturel aux seules figures de Napoléon et de Pasquale Paoli. Nous estimons simplement que l’Empereur fait partie de notre patrimoine et qu’il convient de nous réapproprier un personnage essentiel de l’histoire de la Corse et de l’histoire du monde, pour en faire l’une des portes d’entrée, particulièrement attractive, sur l’ensemble de la culture corse (domaine artistique, historique, architectural et archéologique, patrimoine immatériel, chants, produits identitaires, etc.)

Dans les jours à venir, nous formulerons nos propositions auprès de l’Assemblée territoriale et de l’Agence du tourisme.

 

                                                                               Corsica Libera

 

 

 



[1] Cf. Evelyne Luciani, Dominique Taddei, Les pères fondateurs de la nation corse (1729-1733), Albiana, Aiacciu, 2009 ; Evelyne Luciani, Louis Belgodere, Dominique Taddei, Trois prêtres balanins au cœur de la Révolution corse, Piazzola, Ajaccio, 2006.

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 13:03

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(Publié dans le Corse-Matin du 21.III.12) 

Le préfet de Corse a cru bon d’asséner dans vos colonnes un certain nombre de poncifs et de pseudo-recettes censées permettre un recul de la violence (Corse-Matin du 16 mars). Plutôt que de s’interroger sur la faillite de la politique pénale menée par l’administration française, qui, trop occupée à pourchasser les militants nationalistes, a laissé depuis des décennies prospérer les gangs et fleurir les dérives mafieuses, il préfère en revenir aux choses simples : la lutte contre la détention d’armes, et tout particulièrement des armes légales et déclarées (lesquelles sont naturellement les plus faciles à trouver !). Et tant pis si ces armes là sont précisément celles qui ne sont jamais utilisées lors des actes de violence : le tout est de laisser croire au bon peuple que l’on s’occupe de sa sécurité !

Le procureur d’Ajaccio reconnait d’ailleurs lui-même la vacuité du raisonnement, admettant que « l’équation pas d’armes, pas de violence peut sembler simpliste ». Et effectivement, face à un problème difficile appelant une approche complexe, on nage ici en pleine pensée simplifiante, à travers des opérations de réduction parfaitement ineptes : réduire la question de la violence à celle de la détention d’armes, réduire l’ensemble des armes à l’infime partie de ces dernières utilisées par les malfaiteurs (et qui ne sont évidemment jamais déclarées !)…

C’est à l’utilisation de ce type de pensée que l’on reconnait immédiatement les formes de démagogies les plus outrancières : elle offre une grille de lecture simplifiée à l’extrême – donc fausse – à un problème complexe. Non sans pertinence, le président de l’« ACA – tir à la cible » fait observer qu’en suivant un tel raisonnement, il faudrait retirer leurs armes aux gendarmes ! Ce ne serait en effet pas plus stupide que de confisquer celles des chasseurs et des tireurs sportifs…

Le plus étrange est que le préfet se dit persuadé d’anticiper une proposition de la commission « violence » de l’Assemblée. Siégeant au sein de cette commission, nous tenons à affirmer pour notre part que jamais nous ne cautionnerons la démagogie et les raisonnements réducteurs. S’il faut effectivement affirmer sans ambiguïté que les armes n’ont pas leur place dans les discothèques, les bals et les soirées étudiantes – et que ce genre de comportement n’a pas à être paré d’un supposé vernis culturel – il faut dire avec autant de force que le tir sportif et la chasse (laquelle constitue en revanche une pratique identitaire) n’ont pas à faire les frais d’événements qui leurs sont étrangers.

Quant à l’administration de l’Etat Français en Corse, compte tenu du résultat de sa politique, elle serait bien inspirée d’adopter à cet égard une attitude plus discrète, et de ne pas se prévaloir du soutien des élus corses, soutien qui semble loin de lui être acquis au-delà même de notre groupe politique.

 

Jean-Guy Talamoni

 

 

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 21:58

Marine-Le-Pen.jpg

La visite de Marine Le Pen dans l’île a été l’occasion, pour un certain nombre de journaux, de déceler dans son discours une prétendue main tendue aux nationalistes corses. En ce qui nous concerne, nous ne nous livrerons pas à une analyse des propos de cette candidate à l’élection présidentielle française, propos qui nous indifférent totalement.

L’idéologie véhiculée par le Front National est radicalement contraire aux valeurs que nous défendons. Nous nous situons résolument pour notre part dans l’héritage du paolisme, qui, au cœur du XVIIIe siècle, avait inscrit la tolérance, notamment religieuse, au premier rang de ses principes.

Notre nationalisme a toujours été un nationalisme de résistance, une démarche de survie de notre peuple et non de mépris, d’exclusion, ou de rejet envers les autres.

En ce qui nous concerne, nous n’avons jamais combattu que ceux qui – avec leurs armes ou leur argent – prétendaient faire la loi dans notre pays. Nous avons toujours accueilli fraternellement ceux qui venaient travailler en Corse pour subvenir aux besoins de leur famille.

Notre démarche est donc aux antipodes de celle de Jean-Marie et Marine Le Pen.

C’est la raison pour laquelle le mouvement national avait interdit le père de séjour sur la terre de Corse. Rappelons que ce dernier avait naguère été contraint de tenir l’une de ses réunions de campagne dans une salle de l’aéroport d’Aiacciu, avant de réembarquer piteusement sous escorte policière.

Si la fille tente aujourd’hui d’édulcorer le discours du Front National, les Corses ne doivent pas s’y laisser prendre : le fond est toujours le même.

Aussi, ceux qui se reconnaissent dans le mouvement patriotique corse ne devront jamais faire la moindre concession au Front National et à l’idéologie – d’un autre âge – dont il est porteur.

 

Jean-Guy Talamoni

 

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 14:52

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La question orale suivante a été déposée ce jour sur le bureau de l’Assemblée de Corse. Il y sera répondu lors de la réunion du 27 octobre.

 

Question orale

 

De Jean-Guy Talamoni au nom du groupe Corsica Libera

 

Monsieur le Président du Conseil exécutif,

 

La Commission de discipline de la ligue de football professionnel a pris, comme vous le savez, une décision proprement scandaleuse à l’encontre du Sporting Club de Bastia, pour des faits dans lesquels le club est indiscutablement victime et non agresseur.

Cette décision, qui transpire – il est cette fois difficile de le nier – le racisme anti-corse le plus abject, intervient alors qu’il y a quelques semaines seulement, un autre club insulaire, le GFCOA, a été lourdement sanctionné pour des incidents qui, d’ordinaire, sont loin d’entraîner de telles conséquences.

Ce problème, compte tenu de sa nature et de son ampleur, ne doit pas être uniquement traité dans le cadre des instances du football.

Certaines collectivités s’en sont d’ailleurs saisies, comme le Conseil Général de la Haute-Corse.

Notre Collectivité Territoriale, en charge des intérêts matériels et moraux de la Corse et des Corses, se doit de toute évidence d’intervenir énergiquement.

C’est la raison pour laquelle nous vous demandons, Monsieur le Président du Conseil exécutif, les initiatives que vous comptez prendre pour exiger, d’une part que le SCB soit rétabli dans ses droits, et d’autre part que cessent ce type de dérives au préjudice de la Corse.

 

 

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 14:44

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La Cour d’appel de Paris a fait droit à la demande du Parquet (hiérarchiquement soumis à la chancellerie, faut-il le rappeler ?) visant à faire ordonner le non-lieu dans l’affaire de Tchernobyl. Il s’agit de l’épilogue d’un scandale sans précédent, épilogue digne d’une république bananière. Le non-lieu est prononcé, alors même que l’on demeure dans l’attente des résultats de deux démarches de nature scientifique visant à établir la vérité : d’une part l’expertise ordonnée par le juge d’instruction, et d’autre part l’enquête épidémiologique diligentée à l’initiative de l’Assemblée de Corse. On a décidé de passer en force et d’imposer une vérité judiciaire alors même que la vérité scientifique était à portée de main. Or, d’après les informations déjà acquises – à travers notamment un premier rapport divulgué il y a peu – cette vérité scientifique semble aller dans un sens diamétralement opposé à celui emprunté par la Cour d’appel de Paris ! Les truqueurs auront donc été protégés par les autorités politiques et judiciaires, comme ils l’avaient été – au plus haut niveau – par les autorités scientifiques. Souvenons-nous de cet article rédigé en 2003 par le professeur Pellerin – véritable plaidoyer pro domo le mettant purement et simplement hors de cause – et qu’il avait fait signer en ses lieu et place par trois autres scientifiques… À l’époque, cet article – qui constituait un faux manifeste – avait été publié sous l’égide de l’Académie des sciences ! Le pot aux roses avait été découvert à travers les écoutes ordonnées par le juge d’instruction, car tous ces braves gens étaient plutôt prolixes au téléphone…

En un mot comme en cent, ce qui vient de se passer constitue une véritable infamie : les victimes – corses ou non corses – le sont désormais doublement. Quant aux autorités françaises, qu’elles soient politiques, judiciaires ou scientifiques, on pourrait dire qu’elles sont déshonorées, si leur honneur ne relevait pas déjà de l’histoire ancienne.

 

 

 

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 14:45

Ghjurnate-copie-1.jpgJe voudrais, pour commencer cette intervention, avoir à mon tour une pensée pour Philippe Paoli. Militant exemplaire, il était aussi et surtout notre ami.

J’adresserai également un salut fraternel à nos prisonniers.

Je remercierai les délégations étrangères et corses qui ont, comme chaque année, répondu à l’appel et enrichi nos débats.

Enfin, je vous demanderai d’applaudir tous les militants ayant contribué à l’organisation des Ghjurnate.

 

La procédure d’Aix-en-Provence

 

Quelques mots pour commenter cette dérisoire procédure lancée par le parquet d’Aix-en-Provence pour une prétendue « apologie du terrorisme ». Il est vrai que ce procureur n’a pas mieux à faire, étant en charge de traiter la délinquance dans un département particulièrement paisible, celui des Bouches-du-Rhône, un département, comme chacun sait, indemne de toute forme de banditisme. C’est dans cette situation de grand désoeuvrement qu’il a décidé de commencer une collection de porte-clés… Nous voudrions quand même rappeler quelques évidences à notre procureur copocléphile. L’histoire de la langue française nous enseigne que le mot « terrorisme », que l’on utilise aujourd’hui sur l’ensemble de la planète – en français, en anglais et même en corse –  est né dans l’hexagone en 1794. Il signifiait alors « doctrine des partisans de la Terreur ». Il s’agit là d’une période particulièrement sanglante d’une Révolution dont les élites françaises demeurent extrêmement fières, ce qui est au demeurant assez étrange. Par la suite, sous l’occupation allemande, les autorités françaises – notamment la magistrature – l’appliquèrent, non pas à l’armée nazie qui terrorisait littéralement leur peuple, mais à ceux qui combattaient les nazis. Allez comprendre ! Ces combattants anti-nazis récusaient évidemment le vocable de « terrorisme » et s’appliquaient plus volontiers celui de « maquisard ». Ici encore l’étymologie est intéressante : le « Grand Robert » nous apprend que le mot français « maquis » vient du corse « machja », y compris bien sûr dans son acception de « refuge de partisan » et, par extension, d’« organisation de résistance armée ».

Conclusion : laissons à la France la paternité du mot « terrorisme » et de la pratique terroriste, è noi, tenimu ci u nostru machjaghjolu chì ùn hè micca, è ùn serà mai, un terruristu ! 

 

Mais il s’agit là de « l’écume des choses ». Intéressons-nous plutôt à la situation morale et politique de la nation.

Il y a un an ici même, nous évoquions la nécessité de transformer le succès électoral de mars 2010 en victoire politique. À l’époque, suite au changement intervenu à la CTC, un certain nombre de frémissements laissaient penser que des avancées pourraient peut-être intervenir concernant les questions essentielles : prisonniers politiques, foncier, langue corse…

Un an plus tard, il nous faut prendre acte de ces avancées qui, bien qu’insuffisantes, constituent néanmoins quelques raisons d’espérer…

 

LA SITUATION POLITIQUE CORSE : LES GRANDES QUESTIONS EN DEBAT

 

Les prisonniers

 

Avec l’adoption d’une motion unanime en faveur du rapprochement et deux visites au ministère français de la justice, les élus de l’Assemblée on enfin, cette année, commencé à prendre leurs responsabilités. Devant ce début de démarche commune et déterminée, Paris a dû procéder à quelques transfèrements significatifs. Nous sommes cependant loin de l’aboutissement de la démarche qui n’interviendra qu’avec la libération de tous les prisonniers et l’arrêt de toute poursuite.

 

La question foncière

 

Corsica Libera, nous le soulignions l’an dernier aux Ghjurnate, avait obtenu l’organisation des Assises du foncier. Non sans mal et non sans polémiques, après un an de travaux, l’Assemblée a voté à une majorité de 35 voix sur 51 pour l’approfondissement de la notion de résidence-citoyenneté, que notre mouvement a porté seul jusqu’à il y a seulement quelques mois. Observons qu’à ce sujet, la majorité aux affaires s’est divisée, ce qui démontre l’importance de ce dossier. Il conviendra de suivre avec attention la suite des opérations.

 

La langue corse

 

Il y a quelques jours, l’Assemblée de Corse a adopté une motion de Corsica Libera favorable à l’officialisation de la langue corse, par 36 voix sur 51. Souvenez-vous qu’il y a seulement deux ans, la même motion avait été largement rejetée. Ici encore, la majorité s’est divisée, laissant de côté les éléments les plus hostiles au changement. Pour notre part, bien que le vote constitue une victoire, nous ne nous satisfaisons pas de voir les élus corses se diviser sur une question qui devrait être consensuelle, la langue corse étant celle de l’ensemble de notre peuple. Nous allons donc poursuivre notre travail pédagogique auprès de tous les élus et veiller à ce que le contenu soit suffisant pour faire face aux enjeux.

 

L’agenda 21

 

Il y a quelques semaines, le Conseil exécutif annonçait qu’il engageait un processus visant à doter la Corse d’un « Agenda 21 », programme ayant pour objet de garantir un développement durable, environnemental et social. Lors de la campagne électorale de 2010, Corsica Libera avait été la seule formation à le proposer. Observons au passage que le Conseil exécutif a repris jusqu’à l’intitulé de notre projet « Corsica 21 ». Nous n’en demandions pas tant !

 

Tout ceci, aux dires de certains observateurs, devrait nous satisfaire. Il nous semble pour notre part que nous aurions tort de relâcher notre vigilance et notre présence politique : rien n’est aujourd’hui acquis, même si les militants de Corsica Libera peuvent être légitimement fiers du travail qu’ils ont accompli.  

 

LA SITUATION MORALE DE L’ILE : LA VIOLENCE

 

Nous avons, depuis plusieurs mois, participé aux travaux de la Commission Bucchini sur la violence. On se souvient que cette commission avait été créée suite aux nombreux assassinats ayant endeuillé l’île ces dernières années, et qui se sont d’ailleurs poursuivis depuis. Cette commission a rapidement montré ses limites, notamment quand certains participants ont cru devoir mêler aux vrais problèmes un certain nombre de considérations tenant davantage de propos de café du commerce que de l’analyse politique. Comment ne pas sourire amèrement quand un élu vient exposer que le stationnement gênant constitue une violence insupportable ? Pourtant, cette commission a le mérite d’exister et de montrer que les représentants légitimes de l’île ne se désintéressent pas d’un fléau s’étant abattu sur l’île avec la force d’un cataclysme. Alors, nous y avons siégé et analysé soigneusement les éléments mis à notre disposition dans le cadre de ses travaux. Nous adresserons dès la rentrée un document au Président Bucchini faisant part de nos propres conclusions, afin qu’elles soient soumises au débat et que les différents courants politiques se prononcent sur leur validité. Mais comme ce débat doit être mené de façon publique et dans la plus grande transparence, nous vous en donnons ici les grandes lignes.

D’abord, il convient de rappeler que les institutions corses ne disposent pas des pouvoirs de police et de justice et qu’à cet égard, les autorités françaises ont failli, laissant se développer le banditisme pour se consacrer exclusivement à la poursuite des militants politiques.

Comme indépendantistes, nous sommes évidemment favorables à ce que les autorités publiques corses acquièrent au plus vite ces compétences policières et judiciaires, même si nous craignons que ce ne soit pas pour demain. Toutefois, sachant que la Mafia ce n’est pas seulement la grande délinquance mais le lien entre banditisme, économie et politique, nous demandons aux institutions politiques corses de faire toute la transparence sur leurs activités à travers la création d’un organisme territorial de contrôle des fonds publics et d’évaluation des politiques publiques.

Ceci étant dit, sur un plan plus général et compte tenu des compétences actuelles de la CTC, il nous paraît évident que le levier essentiel dont dispose l’Assemblée de Corse pour entraver les activités mafieuses, c’est le choix du mode de développement économique.

À cet égard, il suffit de superposer la carte des assassinats de ces dernières années et la carte de la spéculation immobilière pour se rendre compte que les deux phénomènes sont intimement liés. Sur une terre aux atouts naturels indéniables et encore préservés, la seule en méditerranée, les perspectives de profit pour les spéculateurs sont incommensurables. Je ne voudrais pas accabler certains politiciens encore hier aux affaires et qui ont depuis largement perdu leur capacité de nuisance, mais quand même : grande est la responsabilité de ceux qui ont parlé de « désanctuariser la Corse ». Ce fut un signal qui a aiguisé tous les appétits et déchaîné les entreprises spéculatives avec toutes les conséquences que nous constatons aujourd’hui, y compris sur le plan du nombre des assassinats enregistrés. Les autorités judiciaires françaises sont d’ailleurs aujourd’hui contraintes de rompre avec leur analyse habituelle qui réduisait ce phénomène de violence à une « recomposition du milieu ». Elles reconnaissent à présent le lien entre ces actes de violence et la spéculation immobilière.

Devant une telle situation, l’Assemblée de Corse doit prendre ses responsabilités : à travers une stratégie de développement bien affirmée, un nouveau PADDUC rompant avec la logique de l’économie résidentielle et un statut de citoyenneté corse, il convient de faire baisser les enjeux économiques liés à la construction immobilière.

Entendons nous bien, il ne s’agit pas pour nous d’entrer dans une logique malthusienne et d’interdire tout développement et tout enrichissement en matière immobilière. Simplement, ce développement doit être maîtrisé et les perspectives de gains financiers redevenir raisonnables. Aujourd’hui, les profits attendus des opérations spéculatives échappent à toute logique et nous sommes entrés dans une spirale infernale favorable à toutes les dérives financières et mafieuses.

Nous plaidons donc, en ce qui nous concerne, pour une certaine « resanctuarisation » de la terre de Corse, ce qui signifie que le nécessaire développement de l’île doit se faire au profit du peuple qui l’habite et la fait vivre depuis le fond des âges. Nous savons que ce que nous disons ne va pas plaire à tout le monde, mais il n’existe pas d’autre solution sérieuse que de s’engager résolument dans cette voie, pour préserver l’accès des Corses à l’immobilier, mais également pour voir une certaine sérénité revenir sur l’île.  

 

LES PERSPECTIVES POLITIQUES

 

L’élection de 2010 a prouvé la représentativité du mouvement national, mais également la pertinence de la stratégie adoptée à travers la formulation de deux offres politiques distinctes au sein de ce mouvement. Depuis, les deux courants se sont exprimés de façon claire et sont parfaitement identifiés par les Corses, dans leurs accords mais également dans leurs différences. Il reste à présent, tout en gardant à l’esprit les enseignements des expériences passées, à nous mettre en ordre de bataille pour les échéances futures, en recherchant une cohésion d’ensemble qui ne nuise en rien à la nécessaire diversité, à la pluralité de la famille nationaliste. Ce mouvement national pluriel doit devenir l’alternative politique. Nos débats ont montré que la chose était possible. Il reste à en faire la réalité de demain.

Les mois à venir vont être déterminants pour notre pays : pour la première fois depuis le processus de Matignon de Lionel Jospin, une forte majorité de l’Assemblée de Corse a décidé de prendre en compte nos propositions. Mais depuis le processus que nous évoquions à l’instant, dix années se sont écoulées et la situation corse s’est encore dégradée. C’est dire qu’en cas d’échec, il n’y aura peut-être pas de nouvelle chance de sauver un peuple voué par Paris à une disparition certaine.

Le peuple corse, nous en sommes convaincus, est conscient aujourd’hui, tant de la réalité des problèmes que nous soulevons que de l’intérêt de nos propositions pour les traiter. Et c’est bien pour cela que la majorité de l’Assemblée de Corse a fait un pas vers nous. En fait, en termes de prise de conscience, les Corses sont en avance sur leur Assemblée, et c’est ce qui a été démontré à travers le référendum de Siscu. À l’occasion de cette consultation, les électeurs ont été plus clairs dans leur vote que les Conseillers territoriaux dans leurs interventions : 94% des votants se sont prononcés pour une citoyenneté fondée sur dix ans de résidence à titre permanent. Il sera donc indispensable, dans les mois et les années à venir, de continuer à construire de nouveaux rapports de forces politiques, et de le faire dans la cohésion du mouvement national.

 

Nous sommes donc dans cette situation instable et indécise, mais recélant quand même quelques motifs d’espérance : jamais notre peuple n’a été autant menacé, mais jamais la prise de conscience des Corses n’a été aussi élevée.

 

Simu à l’orlu di l’infernu, eppuru u paradisu hè à purtata di manu.

Oghje, ci tocca à fà e scelte maiò per l’avvene di a nostra terra.

Ci tocca à fà e scelte chì anu da fà a Corsica di dumane, quella di i nostri figlioli :

Una Corsica in manu à i speculatori, induve u populu corsu serà smaritu,

O una Corsica Libera, nazione fatta, avanzendu versu a so supranità, versu a so indipendenza ?

Aiò ch’hè l’ora di fà a sola scelta degna, quella di stà arritti è di luttà per u so paese,

Aiò ch’è l’ora di fà triunfà e forze di a vita nantu à sta terra sacra,

Aiò ch’hè l’ora, torna un sforzu,

Aiò ch’avemu da vince, chì a vulintà d’un populu ùn si pò parà !

Aiò ch’è l’ora !

 

Evviva a Lotta di Liberazione Naziunale !

Evviva a Corsica !

Evviva a Nazione !

 

 

    

 

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 08:10

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Dans la nuit du 29 au 30 juillet, la motion suivante a été examinée par l’Assemblée de Corse.

 

Motion

 

Avec demande d’examen prioritaire déposée par Jean-Guy Talamoni au nom du groupe Corsica Libera

 

 

 

Considérant la délibération unanime de l’Assemblée territoriale du 1er juillet 2005 ayant affirmé l’importance de la question linguistique en Corse.

 

Considérant que l’Assemblée de Corse mandatait alors un comité d’experts pour évaluer la situation de notre langue dans la société insulaire et formuler des préconisations pour sa défense et son développement.

 

Considérant le rapport intitulé « Fiatu novu » rendu par ces experts unanimement mandatés par l’Assemblée de Corse.

 

Considérant que ce comité scientifique affirme clairement dans son rapport (page 14) qu’à défaut de donner à la langue corse un statut d’officialité, il n’est pas envisageable d’inverser la tendance actuelle, à savoir le déclin de la pratique.

 

Considérant qu’interrogé par la Commission de la Culture de l’Assemblée de Corse, le Président du comité d’experts, Monsieur Jacques Thiers, a confirmé cette position, et ce en des termes dépourvus d’ambiguïté : « Cette longue et profonde observation de notre situation me conduit à affirmer qu’un statut d’officialité est incontestablement l’une des conditions nécessaires pour que nous puissions espérer pour la langue corse un arrêt de l’érosion de sa pratique vivante, une remontée dans les usages ainsi qu’un développement harmonieux et utile pour son usage social. »

 

Considérant que l’Assemblée de Corse ne peut se refuser à prendre en compte l’avis des scientifiques qu’elle a elle-même interrogés.

 

L’Assemblée de Corse

 

Demande solennellement que soient mis en œuvre les moyens juridiques nécessaires pour donner à la langue corse un statut d’officialité.

 

 

De légères modifications ont été apportées à la motion au cours des débats – à travers deux d’amendements acceptés par Corsica Libera –, introduisant notamment le terme de « co-officialité ». (Le français étant déjà langue officielle, officialité du corse implique évidemment co-officialité corse-français).

Après discussion – et une longue suspension de séance demandée par le groupe majoritaire –, le résultat a été le suivant :

 

Pour : 36

Contre : 11

Absents : 4

 

Ajoutons pour mémoire que la même motion, émanant du même groupe, avait été rejetée par l’Assemblée de Corse il y a deux ans.   

 

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 13:13

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Il y a deux ans, presque jour pour jour, je plaidais vainement, devant cette Assemblée, pour l’officialisation de la langue corse.

Je reviens aujourd’hui devant vous avec la même détermination, mais avec davantage d’optimisme, optimisme de la volonté mais d’une volonté qui nous paraît – aujourd’hui – réellement partagée.

C’est que nous avons longuement expliqué, en particulier ces derniers mois, les positions qui sont les nôtres depuis toujours.

Nous avons dit, cent fois et plus, que la langue corse est la langue de tous les Corses. Nous avons démontré que l’officialité est nécessaire si l’on veut avoir une chance de sauver ce trésor que nous avons en partage : cette langue, qui n’est pas seulement un moyen de communiquer, mais notre manière d’être présent au monde…

 

Sur la carte des langues menacées de l’UNESCO, nous retrouvons, à côté du corse, toutes les langues ne bénéficiant pas de l’officialité. Si vous considérez par exemple le catalan, vous constaterez que, bien qu’il ait risqué de disparaître après la mort de Franco, l’officialisation a permis non seulement de le sauver mais également de contribuer à son développement. Les exemples de cette nature sont nombreux…

 

Nous avons dressé, de façon difficilement contestable, un bilan inquiétant, pour ne pas dire davantage.

Il y a quelques jours à Cervioni, Pasquale Ottavi rendait publiques les conclusions d’une enquête menée sous sa direction et commandée par la « Délégation Générale à la langue française et aux langues de France » au sujet de l’usage spontané des langues dans la rue. S’agissant du corse, ces conclusions sont celles que nous attendions intuitivement mais qui sont à présent scientifiquement validées : l’usage de notre langue est inversement proportionnel à l’âge. Autrement dit : plus on est jeune, moins on parle le corse.

Pour que cet échec – actuel – de la transmission soit dépassé, et qu’il n’entraîne pas mécaniquement demain la mort de notre langue, il convient de sortir d’une politique qui s’est révélée insuffisante…

Pour l’heure, cette politique se limite à l’enseignement et même sur ce plan il y aurait beaucoup à dire.

Presque 10 ans après la fameuse loi de 2002 ayant rendu obligatoire pour l’Etat l’offre dans le primaire, force est de constater que cette loi n’a pas encore reçu pleine application : seuls environ 50% des élèves reçoivent un enseignement de trois heures hebdomadaires (enseignement bilingue compris). Et si l’on tente de réaliser une prospective, on ne peut que s’alarmer, compte tenu de ressources humaines corsophones en nette diminution. Le dispositif « Maestranza », sur lequel beaucoup d’espoirs ont été fondés, ne concernera cette année qu’une petite dizaine d’étudiants. Nous sommes loin du compte s’agissant des besoins.

Lorsqu’on quitte la question de l’enseignement, le constat est encore moins réjouissant.

S’agissant des « Case di a lingua » créées dans leur principe en 2007, il faut bien constater que pour l’heure, pas une n’a ouvert ses portes.

En ce qui concerne les Chartes de la langue corse, peu ont été signées, et même lorsqu’elles l’ont été, elles sont souvent peu suivies d’effet dans la pratique. Saluons toutefois une exception notable : le Sporting de Bastia, qui, ayant signé la Charte il y a seulement quelques mois, l’a mise en œuvre sans tarder. Nous nous réjouissons en outre de la signature prochaine annoncée par l’ACA.

Mais ces rares avancées ne peuvent masquer le recul massif de notre langue qui se poursuit inexorablement, y compris sur des terrains que l’on croyait acquis : même les panneaux bilingues sont aujourd’hui considérés comme illégaux au regard des normes de la sécurité routière ! À ce propos, est-il bien nécessaire d’accoler aux noms corses de lieux des appellations d’un toscan douteux, est-il indispensable d’assortir le nom Erbaghjolu d’un « Erbajolo » qui ne relève d’aucune langue répertoriée ?

 

Ce genre de problèmes, et bien d’autres, seraient résolus par la mesure d’officialisation que nous vous demandons d’adopter. Elle permettrait à un conseil municipal de délibérer valablement en langue corse, à une entreprise d’assortir une offre d’emploi de la mention « langue corse souhaitée »… Elle permettrait d’ériger le corse en langue de la promotion sociale, d’en faire un facteur d’intégration. Mesure généreuse à l’égard de ceux qui sont venus sur notre terre pour partager notre destin, elle leur permettrait de vivre la société corse comme nous le faisons nous-mêmes…

Cette officialité permettrait en outre de lever les verrous psychologiques qui, pour beaucoup de jeunes, font du corse la langue sacrée des anciens que l’on ne se hasarde pas à parler de crainte de commettre une erreur. L’officialité du corse ferait que sa forte charge symbolique – révélée par de nombreuses études – ne soit pas cantonnée à notre imaginaire collectif mais investisse le quotidien, à travers l’usage que chacun pourrait en faire.

 

L’officialité n’est pas l’affaire des nationalistes. Votée, elle ne serait pas la victoire d’une sensibilité de notre Assemblée.

Ce serait la victoire de tous les Corses…

Ce serait également une victoire pour ceux qui sont sur notre terre depuis peu de temps, et qui veulent vivre, pas seulement à côté de nous mais avec nous…

Combien ont-ils été, depuis le fonds des âges, à être partis de contrées lointaines pour arriver ici, et qui sont devenus Corses ?

Et comment ont-ils pu faire, si ce n’est en apprenant notre langue ?

Cette langue qui est nôtre, elle est aussi une parcelle du patrimoine de l’humanité.

Nous voulons l’apprendre à nos enfants, mais aussi aux enfants de ceux qui sont arrivés hier, et qui sont venus pour partager, non seulement notre soleil, notre mer, mais également l’âme, l’esprit de la Corse éternelle…

 

Au-delà des idées différentes qui nous séparent ici, dans ce sanctuaire de la démocratie corse,

Avec foi, avec confiance, avec solennité aussi,

Je vous demande de voter pour l’officialisation de la langue corse.

 

 

 

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 09:19

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Dui anni fà, quasi quasi listessu ghjornu, piagliava a pratesa, in vanu, davanti à l’Assemblea di Corsica, di l’ufficialisazione di a lingua corsa.

Oghje, voltu versu voi, incù listessa determinazione ma cun un uttimisimu più forte, uttimisimu di a vulintà, ma d’una vulintà chì ci pare – oghje – propriu sparta.

Avemu spiegatu pianamente è bè, sopra à tuttu st’ultimi mesi, e pusizione chì sò e nostre dipoi sempre.

Avemu dettu, centu volte è ancu di più, chì a lingua corsa hè quella di tutti i Corsi. Avemu fattu a dimustrazione chì ci vole à passà per l’ufficialisazione s’è no vulemu avè a furtuna di salvà stu tesoru : issa lingua, chì ùn hè micca suladimente un mezu di cummunicà, ma u modu nostru d’esse presente à u mondu…

Nant’à l’atlante di e lingue minacciate di l’UNESCO, ritruvemu, à fiancu à u corsu, tutte e lingue ufficiale micca. Andate puru per esempiu à circà u catalanu. Ben ch’ellu era in situazione di sparisce dopu à a morte di Franco, oghje chì ghjè oghje, l’ufficialisazione hà permessu nun solu di salvà lu ma dinù di cuntribuisce à u so spannamentu. Esempii cum’è quessu, ne truverete à pallate…

Avemu custruitu un bilanciu propiu uggettivu, un bilanciu penserosu, per ùn dì ne micca di più.

Qualchì ghjornu fà, in Cervioni, Pasquale Ottavi hà resu publicu i risultati d’un inchiesta realizata sottu à a so direzzione è cummandata da a « Delegazione Generale à a Lingua Francese è à e Lingue di Francia » nant’à l’usu spuntaneu di e lingue in carrughju. Per u corsu, i risultati sò quelli chì n’aspettavamu di stintu. Oramai, sò validate à u pianu scentificu. L’usu di a nostra lingua hè prupurziunale à l’incuntrariu incù l’età. Dimmu la d’un altra manera. Più simu giovani, menu parlemu corsu. Per chì stu fiascu – oghjincu –  di a trasmissione fussi trapassatu, è ch’ellu ùn inghjenni micca di modu mecanicu, dumane, a morte di a nostra lingua, ci tocca à esce d’una pulitica chì s’hè palisata troppu misera.

Per avà, sta pulitica si limiteghja à l’insignamentu ma ancu quì ci sarebbe da dì…

Quasi dece anni dopu a lege di u 22 di ghjennaghju 2002 chì hà resu l’ufferta ubligatoria per u Statu à u primariu, rimarchemu chì sta lege ùn hà ancu ricevutu a so appiecazione piena. Solu di più di menu 50% di i zitelli ricevenu un insignamentu di e trè ore settimanale (incù l’insignamentu bislinguu). S’omu a si prova di realizà una pruspettiva, s’impenserisce di sapè ch’elle sò nant’à a falata e risorse umane cursofone. U dispusitivu « Maestranza », nant’à u quale avemu fundatu tante speranze, ùn cuncernerà quist’annu chè una piccula decina di studienti. Per i bisogni, simu propiu luntanu da i bisogni veri.

Quandu omu s’alluntana da a quistione di l’insignamentu, u bilanciu ùn ci rallegra tantu, mancu ellu.

Nant’à e « Case di a lingua », create in u so principiu in u 2007, per avà, mancu una hà apertu e so porte. Mancu una!

In quantu à a Cartula di a lingua corsa, poche poche sò state firmate è ancu quandu e merrie l’anu fatta, ùn sò tantu state seguitate di fatti. Saluteremu quantunque un eccezzione di prima trinca. U Sporting Club di Bastia, chì ùn l’hà firmata chè qualchì mese fà, l’hà messa in ballu senza tricà. In listessu duminiu, ci felicitemu di l’annunziu di a firma à vene da quì à pocu da l’ACA.

Ma sti passi minuti ùn ponu piattà u rinculu impurtante di a nostra lingua chì cuntinueghja di male in peghju, ancu nant’à i terreni chè no’cridiamu acquisti. Oghje, ancu i pannelli bislingui sò cunsiderati cum’è illegali di pettu à e norme di securità stradale ! Nant’à stu puntu precisu, quantu tempu torna, averemu da appiccicà à i nomi corsi di i lochi, nomi d’un tuscanu sfrancisatu. Chì bisognu ci serà à accuppià u nome Erbaghjolu,  cù un « Erbajolo » chì ùn si trova in nisuna lingua cunnisciuta ?

Sti prublemi, è tanti altri dinù, serianu sciolti cù a misura d’ufficialisazione chì vi dumandemu di vutà. Permetterebbe à un cunsigliu municipale di fà e so deliberazione in lingua corsa, à un impresa di fà valè nant’à un ufferta d’impiegu a menzione : « maestria di a lingua corsa ». Permetterebbe di fà di u corsu una lingua di prumuzione suciale, di fà ne un fattore d’integrazione : misura generosa à l’indirizzu di tutti i quelli chì sò venuti nant’à a nostra terra per sparte u nostru destinu, li permetterebbe di campà a sucetà corsa cum’è a campemu noi…

St’ufficialità permetterebbe dinù di francà si di e sarrature psiculogiche chì per tanti è tanti giovani, facenu di  u corsu a lingua sacra di l’anziani ch’omu ùn si risicheghja micca à parlà di paura di sbaglià si. L’ufficialità di u corsu averebbe per risultatu chì a so carica simbolica – palisata da tanti studii – ùn fussi chjosa à u nostru imaginariu cullettivu. Entrerebbe in u nostru campà per via di l’usu chì ognunu ne puderebbe fà. 

L’ufficialità ùn hè micca l’affare di i naziunalisti. Vutata, ùn serebbe micca a vittoria di una sensibilità di a nostra Assemblea. Serebbe a vittoria di tutti i Corsi…

Serebbe ancu a vittoria di quelli chì sò ghjunti nantu à a nostra terra ùn hè tantu, è chì volenu campà, micca soladimente acantu à noi mà incù noi…

Quantu sò stati, dipoi seculi è seculi, à esse ghjunti quì, vinendu da luntanu, è chì sò diventati Corsi ?

È cum’è anu pussutu fà la s’ellu ùn hè amparendu a nostra lingua ? Issa lingua chì ghjè nostra, ghjè un pezzuciu di e richezze di l’umanità. A volemu amparà à i nostri figlioli, ma dinù à i figlioli di quelli chì sò venuti quì arrimani, è chì sò ghjunti per sparte incù noi, micca soladimente u nostru sole, u nostru mare, mà dinù l’anima, un spiritu di a Corsica eterna…

 

Al dilà di l’idee differente chè no avemu tutti, in stu santuariu di a dimucrazia corsa,

Incù fede, incù cunfidenza, incù sulennità dinù,

Vi dumandu di vutà per l’ufficialità di a lingua corsa.

 

 

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Présentation

  • : Jean-Guy Talamoni
  • : Jean-Guy Talamoni est avocat. Président de l'Assemblée de Corse, il a publié deux ouvrages politiques, "Ce que nous sommes" (Ramsay/DCL, 2001) et "Libertà" (2004), ainsi que trois livres sur la langue corse.
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