Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 18:00

Marianne.jpg

Toute sa vie, le célèbre compositeur et chef d’orchestre Henri Tomasi (1901-1971) a refusé la légion d’honneur pour protester contre l’absence de conservatoire dans l’île. Ce faisant, il s’honorait comme musicien et surtout comme Corse. Il n’était pas un révolutionnaire, il ne remettait pas non plus en cause sa nationalité française. Mais ses héritiers présentent aujourd’hui son refus comme la plus haute distinction qui se peut concevoir, puisqu’après avoir été distingué par ceux qui lui ont proposé la médaille, il s’est distingué lui-même en la refusant, et ce non pas par esprit de provocation mais par abnégation et respect de ses convictions.

La question est aujourd’hui de savoir si les convictions de Gérard doivent l’inciter à refuser  ou à accepter.

N’ayant pu en discuter directement avec lui – il est actuellement indisponible -, je livre simplement ici mes propres réflexions.

À la différence d’Henri Tomasi, Gérard Romiti est indépendantiste. Mieux, il a longtemps été un élu de premier plan et, à ce titre, il a défendu des idées. Ces idées sont certes compatibles avec la notion de compromis politique, mais incompatibles avec  toute forme de compromission. Par ses responsabilités et son charisme, Gérard a certainement influencé de nombreux Corses, les conduisant à refuser de telles compromissions…

Personnellement, je respecte les symboles, y compris ceux d’un pays qui n’est pas le mien. Aussi, je ne conseillerais pas à Gérard de refuser avec hauteur ou arrogance. Mais simplement de répondre qu’il lui est impossible d’accepter cette décoration tant que durera le conflit entre la Corse et Paris, tant que son peuple sera agressé comme il l’est, tout particulièrement aujourd’hui… Tant qu’il restera un seul prisonnier politique corse dans les prisons françaises.

Bien sûr, Gérard n’est pas obligé d’être d’accord avec moi.

Mais s’il acceptait la légion d’honneur, c’est avec lui-même qu’il ne serait pas d’accord.

Jean-Guy Talamoni

 

 

Partager cet article
Repost0
15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 11:27

drapeau corse

Communiqué avec prière d’insérer – Merci :

La question orale suivante a été déposée sur le bureau de l’Assemblée de Corse :

Les dernières agressions de la part des instances du football français à l’encontre du Sporting ne relèvent désormais plus d’une question purement sportive. Elles ne concerne plus seulement le club bastiais. Il s’agit manifestement d’une démarche haineuse à l’endroit de la Corse. Ce qui est en question, ce n’est pas seulement l’avenir d’une équipe et son classement dans un championnat. Il s’agit à présent d’une question de dignité du peuple corse face à l’insulte, au dénigrement et à la stigmatisation.

Le groupe Corsica Libera n’a pas l’habitude de saisir l’Assemblée de Corse de problèmes d’ordre sportif, les institutions insulaires ayant en charge des questions fondamentales pour l’ensemble des Corses. Toutefois, il apparait qu’à ce stade, les élus en charge des intérêts matériels et moraux de notre communauté se doivent de réagir, et de placer leur intervention à la hauteur des enjeux.

Nous demandons donc au Conseil exécutif ce qu’il compte entreprendre pour demander des comptes aux individus  ou organismes qui croient pouvoir s’en prendre impunément, gratuitement et avec acharnement, à tous ceux qui portent, non pas seulement un maillot bleu, mais une tête de maure.

 

Pour le groupe Corsica Libera,

Jean-Guy Talamoni

Partager cet article
Repost0
1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 18:02

Christophe-Barbier.jpg

Merci, Monsieur Barbier.

Merci pour votre franchise.

Merci de dire tout haut ce que nombre de Français pensent tout bas.

Merci de ne pas vous embarrasser de politiquement correct.

Merci de donner une voix à ceux que l’on n’entend pas, si ce n’est à l’heure de l’apéritif aux comptoirs des bistrots.

Merci de prêter votre plume aux bataillons de crétins, beaufs et racistes, qui partagent votre point de vue mais qui n’ont pas eu la chance, comme vous, d’apprendre à écrire.   

Merci de votre simplicité. Merci de montrer que l’on peut sortir de la rue d’Ulm et raisonner comme un ignare.

Merci de rejoindre les bataillons d’analphabètes qui vomissent quotidiennement sur les Corses, les noirs et les Arabes.

Merci de réactiver les thèses essentialistes, qui risquaient de tomber dans l’oubli.

Merci surtout de montrer aux Corses le vrai visage de la haine, si répandue dans certains milieux parisiens.

Merci de mettre nos compatriotes d’accord, au moins sur un sujet : vos propos et vos écrits.

Merci enfin de militer, avec une étonnante efficacité, pour l’indépendance de la Corse.

Merci et poursuivez votre effort.

Partager cet article
Repost0
2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 08:07

Aurore Martin

Le groupe Corsica Libera à l’Assemblée de Corse condamne fermement l’arrestation d’Aurore Martin, ainsi que sa remise aux autorités judiciaires espagnoles.

En juin 2011, Corsica Libera avait  participé au mouvement de soutien en faveur de la jeune militante. L’essentiel du paysage politique basque, de l’UMP au Parti Socialiste, avait alors fustigé le recours au Mandat d’Arrêt Européen dans une affaire relevant typiquement du délit d’opinion.

Rappelons qu’il est simplement reproché à Aurore Martin une participation à des activités publiques de Batasuna, parti qui n’a jamais été considéré comme illégal en droit français.

L’attitude des autorités parisiennes est contraire à la fois au droit et à la raison. Elles se déshonorent totalement aux yeux de la communauté internationale.

Corsica Libera réaffirme sa fraternelle solidarité à Aurore Martin, à ses proches, ainsi qu’à sa formation politique.

Pour le groupe Corsica Libera,

Jean-Guy Talamoni

Partager cet article
Repost0
15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 13:29

drapeau corse

La prise en compte par l’Assemblée territoriale des revendications portées par le mouvement de libération nationale a fait connaître au débat politique en Corse des évolutions importantes, et ces évolutions permettent d’entrevoir une possible sortie de crise.   

Dans cette situation, Corsica Libera a tenu toute sa place en participant  aux échanges de manière constructive à travers ses propres contributions.

Elle a également permis une amélioration  des conditions de ce débat, en proposant à l’ensemble des forces politiques la construction d’un projet ambitieux, afin de régler au fond et sur le long terme la question nationale corse, et en organisant une réunion publique et transparente entre élus de toutes tendances, à l’occasion des Ghjurnate Internaziunale de Corti.

Corsica libera a démontré par des actes forts sa volonté d’aboutir à un accord politique général susceptible d’amener notre pays sur la voie de l’apaisement et du développement économique social et culturel.

Depuis, de nouveaux contacts ont été pris avec des élus se situant parfois très loin de nos options politiques, parce que, selon nous, tout règlement de la question corse ne pourra  réussir qu’en associant dans un projet commun non contraignant les forces qui, idéologiquement, sont les plus éloignées et qui se sont combattues, afin de bâtir un véritable espoir pour notre pays.

Ces contacts ont confirmé qu’il était désormais possible en Corse d’envisager une réforme audacieuse et largement consensuelle, de nature à répondre aux graves problèmes qui assaillent notre peuple, et à dessiner ainsi les contours d’une solution politique.

L’ensemble des composantes de la société corse semble à présent y aspirer, et nous observons d’ailleurs que l’action politique et les positionnements  récents du FLNC participent à l’évidence de cette volonté de sortie de crise.

Les conditions sont maintenant réunies pour mettre en route un règlement politique et démocratique de la question corse. Chacun est face à ses responsabilités : au moment où notre pays a tant besoin de paix et de développement, nous devons proscrire  les postures idéologiques et les jeux politiciens pour préserver l’avenir de notre peuple. Tout autre choix serait irresponsable et personne ne pourrait en prévoir les conséquences.

Dans cette situation, alors que nous arrivons au moment où des décisions politiques importantes doivent être prises, Corsica Libera précise sa position :

 

Selon nous, le projet actuellement en cours d’élaboration au sein des commissions de l’Assemblée de Corse, et notamment  la Commission Chaubon, doit répondre aux principales attentes de la Corse et  répondre réellement à ces attentes.

Pour notre part, après avoir procédé aux consultations et études nécessaires et avoir également pris connaissance de celles qui ont été commandées par l’Assemblée de Corse, nous estimons que la réforme ne pourra faire l’impasse sur quatre mesures essentielles :

 

-         une citoyenneté corse fondée sur 10 ans de résidence comme condition pour acquérir un bien immobilier ;

-         Le pouvoir législatif pour l’Assemblée territoriale ;

-         L’officialité de la langue corse ;

-         La révision de la Constitution française pour permettre la mise en œuvre des trois mesures précédentes.

 

Nous ajoutons que la question des prisonniers devra intervenir  nécessairement à un moment donné du processus en cours, et ce avant la conclusion d’une solution politique définitive avec l’Etat français.

 

Au delà de ces mesures cardinales, Corsica Libera rappelle ses positions :

 

-         Corsisation et corsophonisation des emplois ;

-         Droit de vote réservé aux citoyens corses, dans le cadre des élections territoriales et des référendums éventuels ;

-         Refonte des listes électorales ;

-         Architecture institutionnelle et mode de scrutin consommant une rupture totale avec le système des Conseils généraux, refuge du clientélisme le plus archaïque.

-         Transfert au budget de la CTC du produit de l’ensemble des impositions acquittées par les Corses.

-         Rétablissement de l’exonération des droits de succession, excepté pour celles atteignant un niveau particulièrement important.

 

S’agissant de cette dernière question et compte tenu de l’échéance devant intervenir à la fin de l’année (alignement sur le droit commun français), nous proposons la réactivation de la « Coordination pour un statut fiscal corse » qui a mené le combat des arrêtés Miot depuis de nombreuses années, afin d’organiser une grande manifestation, à laquelle l’Assemblée de Corse pourrait formellement s’associer par une délibération, comme cela  a été le cas en juin 1996.

 

Pour en revenir au projet global, compte tenu de la position d’attente de Paris, il importe que ce projet en cours d’élaboration soit soutenu, dans un premier temps par une forte majorité d’élus de l’Assemblée, et dans un second temps par une large majorité du peuple corse à travers une consultation populaire.

Fort de ce soutien, le projet de la Corse ne devra pas, selon nous, servir de base de négociation avec Paris mais être présenté tel quel au gouvernement français pour sa mise en œuvre et répondre ainsi aux aspirations actuelles de notre pays.

En effet, si le projet élaboré par l’Assemblée est placé à un niveau pertinent, il ne saurait être édulcoré sans être privé de son efficacité.

 

Par ailleurs, nous prenons acte de l’adoption par l’Assemblée territoriale de la notion de peuple corse, et ce à l’unanimité des votants, dans le cadre des orientations du PADDUC.

Nous estimons que ce point fondateur, l’affirmation de l’existence du peuple corse par l’Assemblée, devrait se faire le moment venu de façon plus solennelle, à travers une délibération spécifique que nous espérons unanime.

Notre groupe a donc déposé une motion en ce sens sur le bureau de l’Assemblée. Cette motion constitue dans notre esprit une base de travail susceptible d’être amendée, afin que l’ensemble des groupes politiques représentant la société corse puisse s’y reconnaître. Nous demandons par conséquent que notre projet de motion fasse l’objet d’un travail en commission avant d’être débattu en séance publique.

 

Ajoutons que nous poursuivrons, dans les jours à venir, les rencontres annoncées lors des Ghjurnate internaziunale avec les principaux responsables politiques de l’île, afin d’approfondir les échanges initiés à Corti.

Enfin, nous demandons à chacun de mesurer le sens des responsabilités dont fait preuve notre mouvement en proposant un compromis historique permettant de passer du conflit actuel à une phase d’apaisement et de construction, étant rappelé que cette phase constitue pour nous une étape vers la souveraineté pleine et entière : l’indépendance nationale.

 

 

 

                   CORSICA LIBERA

 

 

 

 

 

En annexe : la motion déposée par le groupe Corsica Libera à l’Assemblée de Corse.

 

MOTION:

Considérant la délibération de l’Assemblée de Corse en date du 13 octobre 1988,

Considérant les différentes démarches engagées depuis auprès des gouvernements français successifs, visant à défendre les intérêts culturels, économiques, sociaux et politiques des Corses,

Considérant les processus de dialogue ayant eu lieu ces dernières années entre l’île et Paris, n’ayant pas permis de traiter la question corse de façon satisfaisante,

Considérant les travaux engagés depuis mars 2010 par l’Assemblée territoriale sur des dossiers essentiels, susceptibles de déterminer l’avenir de la Corse, qu’il s’agisse des questions linguistique, foncière, fiscale, de transports ou d’aménagement du territoire,

Considérant les rapprochements de points de vue ayant eu lieu ces derniers mois entre groupes politiques de sensibilités différentes,

Considérant la volonté s’étant manifestée de faire ainsi prévaloir les intérêts supérieurs de la Corse sur les considérations partisanes,

Considérant que la notion de peuple corse constitue le socle politique et symbolique sur lequel pourra être construit l’avenir de notre communauté,

 

L’ASSEMBLEE DE CORSE

 

Réaffirme solennellement l’existence d’une communauté historique et culturelle vivante regroupant les Corses d’origine et les Corses d’adoption : le peuple corse.

Elle revendique pour cette communauté le droit à la survie et au développement économique, social et culturel.

En conséquence, l’Assemblée de Corse demande la prise en compte du projet par elle élaboré pour la défense des intérêts matériels et moraux de l’ensemble des Corses, intérêts dont elle a la charge.

 

 

Partager cet article
Repost0
26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 13:16

Paul-Antonietti-copie-1.png

L’équipe de Corsica Radio (Paul Antonietti, Jérôme Paoli, Jean Poletti…) viennent de lancer une nouvelle revue consacrée à la Corse, et surtout aux Corses.

Derrière une esthétique attrayante, du fond : sujets de société, analyse politique, culture…

Le tout sur un ton résolument optimiste, à l’image du titre de une : « La Corse se débloque ! »

À lire, d’urgence !

Partager cet article
Repost0
19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 10:08

ass-copie-1.jpg

À contre-courant de ce qui se passait de l’autre côté de la mer, la Corse a connu un tsunami de droite qui a envoyé trois députés UMP au palais Bourbon. Quant au quatrième, il est adhérent d’un parti politique ayant quasiment disparu à l’extérieur de l’île, si ce n’est dans des contrées aussi indiscutablement gauloises que la Guyane, la Guadeloupe, Saint-Pierre-et-Miquelon et Wallis-et-Futuna… Ce député, élu plus que confortablement, a également la haute main, directement sur la Collectivité territoriale, et indirectement sur le Conseil Général de la Haute-Corse. Pressenti un temps pour être ministre dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy, cet élu PRG a – tout naturellement – reçu le soutien empressé de nombreux maires UMP. Il est vrai que sur le plan strictement politique, on chercherait en vain une différence essentielle entre le Président du Conseil exécutif « de gauche » et son prédécesseur « de droite ». Peut-être faut-il reconnaître au premier un certain intérêt pour les livres et la culture, dont les précédents locataires du cours Grandval continuent à se demander, intrigués, à quoi cela peut donc bien servir… Quant aux idées de gauche, il serait excessif de présenter l’homme fort de la Corse comme l’héritier de la Commune de Paris. Tout au plus pourrait-on mettre en lumière les scores staliniens enregistrés dans sa circonscription (ex : 100% des suffrages exprimés en sa faveur à Ortiporiu)...

Evoquons à présent les résultats – impressionnants en pourcentage – du duo de « modérés », seuls nationalistes demeurant en lice au second tour. Aucun des deux n’a été élu, malgré le report des voix indépendantistes. Contrairement aux prévisions des « observateurs avisés », l’écart a été net, y compris dans la seconde circonscription de la Corse-du-Sud. L’explication est simple : la gauche a massivement voté UMP. Surtout le parti communiste, en vertu d’un « accord historique » vieux de plusieurs décennies. Cette attitude laisserait perplexe n’importe quel professeur de sciences-po parisien (sauf les meilleurs, qui sont d’origine corse !). D’aucuns parlent d’un accord « républicain » visant à empêcher les nationalistes d’accéder au pouvoir. On se demande bien ce que la République peut avoir à faire là-dedans… Toujours est-il que ça fonctionne, au grand dam des « modérés » qui, dans ces conditions, risquent de demeurer longtemps éloignés du pouvoir. D’autant que le système clientéliste, veillant au grain, commence à s’attaquer systématiquement à leur électorat encore fragile : la politique du service rendu conserve toute son efficacité, et les leviers de pouvoir restent entre les mêmes mains.

Bref, c’est la Corse. Dans ce constat désolant à mains égards, une seule petite lueur d’espoir : malgré les 5000 nouveaux arrivants annuels, notre société demeure hermétique aux principes politiques français, improprement baptisés « républicains », sans doute plus nocifs encore que le clientélisme « identitaire ». Pour nous, Bucchini vaut mieux que Mélanchon. Les travers corses, nous pourrons sans doute les corriger si la part saine du paysage politique fait preuve de détermination. Mais quand la Corse se sera fondue – culturellement et politiquement – dans l’ensemble français, alors il sera trop tard.  

Or à ce jour, apparemment, la Corse ce n’est toujours pas la France.

Jean-Guy Talamoni

Partager cet article
Repost0
28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 15:32

ass-copie-1.jpg

Depuis plusieurs années, Corsica Libera a proposé à l’autre courant du mouvement national l’élaboration d’un projet commun, ceci, bien entendu, dans le respect de la nécessaire diversité politique au sein de la famille patriotique.

Aucune réponse n’a été enregistrée pour l’heure.

Par ailleurs, le courant dit « modéré » a marqué ces derniers temps un recul de plus en plus net à l’égard des fondamentaux de la lutte nationale.

On pourrait citer quelques exemples…

- Le vote sur le siège de la Chambre régionale de commerce : les élus de Corsica Libera à l’Assemblée ont été les seuls à se prononcer en faveur de Corti, capitale historique de la Corse qui a toujours eu la préférence du mouvement national. L’un des leaders de Femu a Corsica a d’ailleurs reconnu dans son intervention que la candidature de Corti avait du sens pour un nationaliste, avant de voter pour… Bastia !

- La question de la compagnie maritime publique, dite « compagnie régionale » : le courant « modéré » n’a pas encore donné de position, alors que le Conseil exécutif lui-même a commencé à le faire !

- La proposition de citoyenneté corse, que Corsica Libera a portée seule durant la campagne électorale et les Assises du foncier : les leaders « modérés » ont attendu, pour l’évoquer comme une possibilité, que Paul Giacobbi le fasse lors de la clôture des Assises !

Sans parler de questions environnementales essentielles, comme le projet du port de la Carbonite à Bastia : le courant « modéré » n’a toujours pas pris position à cet égard, alors qu’il prétend s’emparer de la municipalité. Pour ne contrarier personne, il a intégré à l’équipe de campagne les principaux défenseurs du projet et les opposants les plus en vue au même projet !

Sur tous ces sujets, on applique scrupuleusement le conseil du Cardinal de Retz, lequel estimait qu’« on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment »…

L’objectif qui sous-tend ce comportement est clair : se préparer à saisir toutes les occasions, être compatible avec la gauche, pour obtenir le siège de député de Porti Vechju ; être compatible avec la droite, dans la perspective des élections municipales de Bastia…

Il y a beaucoup plus grave : afin de donner des gages à d’éventuels futurs partenaires, on va jusqu’à condamner ceux qui prennent tous les risques pour défendre la Corse…

Alors, le nationalisme dans tout ça ?

Sans mettre en doute la sincérité des militants qui composent ce courant « modéré », il est permis de se demander comment il se démarque aujourd’hui, au plan de idées, de celui, par exemple, de Paul Giacobbi… Quelle sont les différences entre le discours de ce dernier et celui des leaders modérés ? Ah oui, il y en a quelques unes : le Président du Conseil exécutif a une position plus claire sur la Compagnie maritime et sur la citoyenneté. Par ailleurs, il n’a pas condamné les dernières opérations militaires contre la dépossession immobilière…

Nous ne nous faisons aucune illusion sur l’éventuelle conversion de Paul Giacobbi au nationalisme. Mais que penser alors du courant « modéré », qui s’éloigne de plus en plus ouvertement du mouvement national pour rejoindre un corsisme autrefois incarné par Philippe Ceccaldi et Toussaint Luciani, aujourd’hui par la gauche « autonomiste » (Paul Giacobbi, Pierre Ghionga, Vincent Carlotti…) et une partie de la droite (le groupe de Jean-Martin Mondoloni) ?

L’analyse que nous faisons ici ne se veut aucunement polémique : nous nous limitons à constater des faits.

Devant une évolution aussi préoccupante, nous exhortons une fois de plus le courant « modéré » à revenir dans le champ du mouvement national, en participant à un projet patriotique commun.

L’« accession aux responsabilités » – expression répétée de façon obsessionnelle par certains dirigeants – ne peut se faire au prix d’un reniement de l’idée nationale. Le capital de confiance que les Corses nous ont offert en 2010 (36% du corps électoral) ne doit pas être dévoyé.

La prise du pouvoir par le mouvement patriotique est désormais possible. Elle peut se faire avec d’autre forces politiques mais à condition que le centre de gravité de la démarche demeure la nation.

Une approche qui laisserait les idées au vestiaire, ou au magasin des antiquités, ne peut être cautionnée.

Pour notre part, nous ne la cautionnerons pas.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 17:30

ass-copie-1.jpg

Selon la note de conjoncture immobilière des Notaires de France (mai 2012), la Corse connaît une véritable explosion des prix : les variations entre les derniers trimestres 2010 et 2011 accusent une hausse de 12% en Corse-du-Sud et 25% en Haute-Corse (tous biens confondus) ! Observons que cette hausse vertigineuse est d’autant plus inquiétante qu’elle fait figure d’exception : selon la même note de conjoncture, la France connaîtrait à l’inverse un ralentissement des prix, notamment dans l’ancien.

Cette situation est extrêmement alarmante et doit conduire les élus insulaires à prendre rapidement leurs responsabilités, faute de quoi les Corses serons purement et simplement chassés de leur terre dans les délais les plus brefs.

Le groupe Corsica Libera rappelle qu’il est aujourd’hui le seul à s’être prononcé sans ambiguïté pour un dispositif de citoyenneté corse, seul en mesure d’enrayer ce phénomène. Ce dispositif est aujourd’hui à l’étude au sein de l’Assemblée territoriale, mais le temps presse et joue contre les Corses.

Compte tenu de l’urgence, Corsica Libera demande qu’il soit donné à ce dossier une priorité absolue, personne ne pouvant ignorer aujourd’hui l’ampleur et le caractère dramatique des mécanismes actuellement à l’œuvre.

Corsica Libera a adressé à ce sujet une question orale au Conseil exécutif, qui sera traitée lors de la prochaine réunion de l’Assemblée de Corse.

 

Pour le groupe Corsica Libera,

Jean-Guy Talamoni

 

Partager cet article
Repost0
8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 08:26

Pascal-Paoli.jpg

Une fois de plus, la Corse se trouve lourdement pénalisée par une grève totalement extérieure aux intérêts corses. Depuis des années, le mouvement indépendantiste plaide pour une rupture totale avec le système SNCM-CGT-Communauté portuaire de Marseille. Cette rupture ne peut être réellement consommée qu’à travers la création d’une compagnie maritime publique de la Corse. Depuis quelques mois, cette proposition semble être considérée comme une solution réaliste par de nombreux responsables. L’Assemblée de Corse a d’ailleurs décidé de lancer une étude de faisabilité. Toutefois, les choses ne progressent pas très vite et en l’état, le seul groupe de l’Assemblée à s’être positionné sans ambiguïté en faveur de cette compagnie publique corse est le groupe Corsica Libera. Nous appelons donc les autres élus à en finir avec les atermoiements et à avancer dans ce dossier essentiel, afin que la Corse puisse avoir la maîtrise de ses transports maritimes et qu’elle cesse d’être prisonnière d’enjeux qui lui sont étrangers.

 

Pour le groupe Corsica Libera,

Jean-Guy Talamoni

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Jean-Guy Talamoni
  • : Jean-Guy Talamoni est avocat. Président de l'Assemblée de Corse, il a publié deux ouvrages politiques, "Ce que nous sommes" (Ramsay/DCL, 2001) et "Libertà" (2004), ainsi que trois livres sur la langue corse.
  • Contact

Recherche

Archives

Pages

Liens