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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 23:05

« Liberté, égalité, fraternité », prônez toujours ces valeurs, mais tôt ou tard vous verrez apparaître le problème de l’identité. Où est la fraternité ? Pourquoi ne l’a-t-on jamais connue ? Précisément parce que la France n’a jamais compris le problème de l’identité. »

 

Aimé Césaire, Nègre je suis, nègre je resterai, Albin Michel, 2005, p. 37.

 

Les indépendantistes polynésiens s’installent solidement au pouvoir.

Les Martiniquais et les Guadeloupéens ont retrouvé les voies de la révolte.

Les Guyanais et les Réunionnais s’y préparent.

Les Corses assistent pour leur part au procès de l’un des leurs, pris dans les filets d’un système judiciaire dévoyé, aux mains de faussaires et de truqueurs.

Cette actualité rappelle à tous les peuples encore sous tutelle française l’impérieuse nécessité d’exiger d’une même voix le respect de leurs identités nationales et de leurs droits, tels qu’exposés en août 2006.

 

 

 

DÉCLARATION DE CORTI

DES NATIONS SANS ÉTATS SOUS TUTELLE FRANÇAISE

5 AOUT 2006

Nous, organisations des peuples Basque, Catalan, Breton, Corse, Guyennais, Martiniquais et Polynésien, en vertu du droit international et par référence à la résolution 1514 des Nations Unies et à la charte des droits civils et politiques des Nations Unies de 1966, nos déclarons solennellement le caractère imprescriptible et inaliénable des droits suivants :

1) Droit de mettre en œuvre, dans la cadre d’un statut officiel, le développement de nos langues et nos cultures.

2) Droit de promouvoir et de maîtriser notre développement économique et social.

3) Droit à la reconnaissance comme peuple et comme nation.

4) Droit à l’autodétermination.

5) Droit de mettre en œuvre un processus de décolonisation.

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 15:18

 

 

L’indépendantiste Oscar Temaru vient d’être élu, à une large majorité, Président de la Polynésie (dite « française », mais jusqu’à quand ?). 37 voix sur 57 se sont portées sur sa candidature. Le nouveau chef de l’exécutif polynésien a déclaré : « Nous avons besoin de faire la paix entre nous d’abord… ». La non-inscrite Sandra Levy-Agami a également évoqué une « réconciliation de tous et une écoute permanente des uns et des autres » ainsi qu’un « comportement plus polynésien dans la vie publique locale », ajoutant : « Il faut redonner une âme polynésienne au développement de la Polynésie (...) mais nous devrons d'abord apprendre qui nous sommes et d'où nous venons pour savoir quelle voie choisir et comment la suivre ». Si les élus corses étaient collectivement capables de mettre en œuvre de tels principes, on ne parlerait certainement plus de démarches nocives et importées telles que le PADDUC.

Rappelons que le Tavini, parti du nouveau Président de Polynésie, entretient depuis des années d’étroites relations politiques avec les indépendantistes corses et qu’il a participé, à travers de fortes délégations, à plusieurs éditions des Journées internationales de Corti. En outre, ce parti est signataire de la « Déclaration des peuples sans Etat sous tutelle française » (Corti, août 2006).

 

J-G Talamoni

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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 23:08

 

« Torce u nasu à a Ghjustizia » (tordre le nez à la justice). Cette expression signifie violer, pervertir la justice. Les Corses ont une longue expérience de ce genre de pratiques qu’ils subissaient déjà à l’époque génoise. Après une parenthèse de quatorze années d’indépendance nationale, la France renoua avec ces habitudes, qui avaient déshonoré l’administration judiciaire de la Sérénissime république. Un exemple est resté dans toutes les mémoires : l’affaire de la « révolte du Niolu » de 1774, et tout particulièrement le cas de Marcu Maria Albertini, enfant de quinze ans condamné et exécuté sur la base d’un faux procès-verbal le présentant comme « âgé d’environ vingt ans, travailleur de terre de profession ».1 Comment ne pas faire le rapprochement avec les faux procès-verbaux du commandant Lebbos, que l’on retrouve dans les dossier Castela-Andriuzzi et Colonna ? Aujourd’hui comme au XVIIIe siècle, la vengeance d’Etat ne recule devant aucune déloyauté, devant aucun mensonge, devant aucune injustice…

Les nouveaux magistrats français en charge du dossier Colonna accepteront-ils d’avaliser à leur tour les méfaits de cette « ghjustizia nasitorta »?

 

J-G Talamoni       

  

1. Audition de Marcu Maria Albertini, in : François Flori, Le procès des Niolins, 1774, Corsoffset, Bastia, 1975.

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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 00:20

 

« En voilà un qui vendrait son pays pour quatre sous – ouais – et tomberait à genoux pour remercier le Christ Tout-Puissant d’avoir un pays à vendre. »

(James Joyce, Gens de Dublin)

 

Peu originale, la visite de la ministre française de l’intérieur : la carotte (20 millions de crédits de paiement pour « accélérer » la réalisation du PEI) et le bâton (« réunion sécurité » avec les responsables de la police et de la gendarmerie).

Une image navrante : ayant du mal à suivre les pas alertes de sa ministre, les yeux mouillés de reconnaissance, un responsable de la CTC confirmant par son attitude obséquieuse : « Mais oui, la Corse est à vendre ! Voyez notre PADDUC ! Votre prix est le nôtre… »

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 22:01
 

Le dimanche 1er février 2009 aura lieu le congrès fondateur de CORSICA LIBERA, mouvement unitaire des Corses qui poursuivent l’objectif d’indépendance nationale dans la solidarité avec toutes les formes de lutte. À ceux qui envisagent de sauver le peuple corse en faisant appel à la bienveillance parisienne, nous proposons une rencontre le 30 février ou le 1er avril…

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 21:26

Le PADDUC, prévu par la loi française du 22 janvier 2002, affiche par son sigle même sa volonté de s’insérer dans le courant du développement durable : « Plan d’Aménagement et de Développement Durable de la Corse ». On sait que la notion de développement durable, traduction approximative - mais convenue - de l’anglais substainable development, a été présentée par le rapport de la Commission mondiale sur l’environnement, créée en 1983 par l’ONU et présidée à ses débuts par Gro Harlem Brundtland. Elle a ensuite été au centre des travaux des sommets de Rio (1992) puis de Johannesburg (2002). Le rapport Brundtland (1987) définit le développement durable comme  celui « qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».


Force est de constater que, pour reprendre le mot de l’économiste Jacques Orsoni, la Corse est pour sa part dans une situation de « non développement durable » dont il convient de la sortir. Mais prétendre l’en tirer et l’engager dans un développement durable à travers les orientations exposées dans ce PADDUC relève de la plus pure escroquerie intellectuelle et politique.


Comment pourrait-on qualifier de durable une « stratégie » fondée sur l’économie résidentielle et consistant à mettre la terre corse à l’encan pour satisfaire des intérêts particuliers ?


Une démarche qui ruinerait irrémédiablement notre patrimoine naturel, ce qui est très exactement le contraire d’un développement durable ?


Un projet qui conduirait les Corses à transformer leur patrimoine en revenu, jusqu’au moment où ils n’auraient plus ni patrimoine ni revenu ?


Dès lors, la présence même du peuple corse sur la terre corse ne serait plus durable, mais très provisoire…

 
Jean-Guy Talamoni

 

                                                                  (U Ribombu, novembre 2008)

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 21:15

 « Si l’on m’accusait d’avoir emporté les tours de Notre-Dame, je commencerais par m’enfuir. » Ces mots sont d’Achille de Harlay (1536-1619), illustre magistrat français qui présida le parlement de Paris. Aujourd’hui, dans le Palais de justice de la capitale française, à quelques dizaines de mètres de ces mêmes tours de Notre-Dame, on demande la condamnation d’un homme au motif qu’il a jugé bon de « prendre du recul » face à une accusation d’une terrible gravité : l’assassinat d’un préfet. Ainsi, avoir suivi le conseil du Président de Harlay deviendrait le principal élément à charge contre Yvan Colonna. Avoir pris le maquis aurait été une façon de reconnaître sa culpabilité. Le caractère inepte de l’argument laisse sans voix et en dit long sur la vacuité du dossier. Pourtant, dès 2003, un ministre de l’intérieur, futur président de la république et avocat de surcroît, a cru pouvoir faire sienne cette accusation au point de violer le principe absolu de la présomption d’innocence. Et qu’importe si tous les éléments matériels du dossier démontrent qu’Yvan Colonna ne peut être celui qui a tué le préfet Erignac ! On sait que dans ce genre d’affaires, éminemment politiques, l’innocence ou la culpabilité ne constituent pas toujours le problème essentiel. Au moment de l’affaire Dreyfus, combien de responsables français, convaincus de l’innocence de l’accusé, préféraient toutefois sa condamnation à un acquittement, déshonorant pour l’armée française ? Aujourd’hui, combien de magistrats seraient prêts à envoyer, injustement et en toute connaissance de cause, un berger corse en prison pour plusieurs décennies, simplement pour ne pas déplaire au pouvoir politique ? Le chiffre, si nous le connaissions, ferait probablement froid dans le dos. Il reste à espérer que les juges d’Yvan Colonna ne font pas partie de cette catégorie.

 

Jean-Guy Talamoni    

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 21:06

 

 

Chers amis de Kanaky, chers camarades de lutte,

 

Au nom de Corsica Nazione Indipendente et en mon nom personnel, je vous adresse les vœux de réussite les plus sincères et les plus fraternels, au moment où vous portez sur les fonts baptismaux un nouveau mouvement.


Forts de votre expérience syndicale, forts de votre maturité politique, forts également de la solidarité internationale dont vous êtes d’ores et déjà pourvus, vous vous lancez aujourd’hui dans une aventure exaltante qui préfigure une œuvre encore plus vaste, une œuvre majeure que l’Histoire vous met en demeure de mener à bien : la construction d’un nouveau pays, l’institution d’une nation kanake indépendante.

Pour ce faire, vous avez besoin d’un outil performant, auquel vous avez donné le nom de Parti Travailliste de Kanaky.


Ce nom est déjà tout un programme, puisqu’il conjugue tout naturellement lutte de libération nationale et lutte de libération sociale.


Au seuil de ce troisième millénaire, le colonialisme français, effroyable archaïsme, refuse de disparaître et réaffirme - avec une arrogance toujours plus insupportable - sa volonté de mise au pas de nos peuples. Aussi, la solidarité qui nous lie depuis si longtemps sera plus que jamais nécessaire.


Cette solidarité internationale, nous l’avons réaffirmée dès la naissance de notre jeune formation, Corsica Libera.


En effet, nous sommes nous aussi en phase de construction d’un nouveau mouvement, réalisant l’union des indépendantistes corses. Le premier congrès de Corsica Libera aura lieu courant janvier 2009 et nous savons qu’à ce moment là, vous aurez également une pensée pour nous.


Car la cause pour laquelle nous nous levons avec détermination, en Corse, en Euskadi, en Kanaky et ailleurs dans le monde, est bien la même : celle de la justice et de la liberté.


Evviva a Corsica Libera !

Evviva a Canachia libera !

Evviva u Partitu  Travaglistu di a Canachia !

 

Jean-Guy Talamoni,

Président du groupe indépendantiste à l’Assemblée de Corse

 

 

  

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 21:01

 

« Cala purcina » : le vrai nom de ce lieu ne faisait pas vraiment jet set. 

Ni les sangliers qui le fréquentaient autrefois.


On a donc banni les sangliers et installé des clôtures pour qu’ils ne reviennent pas.

On aussi changé le nom : « Punta d’oru » est plus tendance. Plus conforme aussi au standing des nouveaux habitants.


Pour pénétrer dans cette enclave, il faut désormais montrer patte blanche.

Plus de sangliers autochtones. Ils ont été remplacés par des coqs gaulois (métalliques, c’est moins salissant !)


Plus d’humains d’origine insulaire, sauf un (l’indispensable invité des dîners de cons).

Plus de Corses, mais pour faire bonne mesure on a créé une « Allée de la Corse ». Ca ne s’invente pas !


Pas même une amicale des Corses de « Punta d’Oru » : il n’y aurait qu’un seul membre (ce qui est largement suffisant pour les dîners, mais de là à créer une amicale…)

Malgré tous les efforts déployés pour civiliser et aseptiser ce lieu, tout ça ne sent pas vraiment le propre.


Et les piscines ressemblent à des auges...


Malgré, ou à cause de l’argent qui y a été dépensé.


I purcelli ùn sò più listessi, ma simu bè in « Cala purcina ».

 

Jean-Guy Talamoni

 

(U Ribombu, septembre 2008)

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 20:58

 

 

« Il est probable que l’ethnie ne résistera pas à une forme de tourisme destructeur, à une mise en valeur qui ne se soucie pas d’elle. Comme les Indiens légendaires de l’Amérique latine, qui seraient les dépositaires des secrets de leur civilisation passée et les uniques représentants de leur race, les Corses devront-ils garder le silence en attendant de disparaître ? »1

 

Ces lignes sont de Simon Vinciguerra, écrivain et résistant corse dont le collège de Bastia porte le nom. Elles ont été écrites en 1967, à une époque où il n’était pas encore question de PADDUC. Pourtant, le choix d’une certaine forme de tourisme inquiétait déjà les plus clairvoyants, qui y voyaient une menace de disparition pure et simple pesant sur la communauté corse. Depuis, cette menace n’a pas été écartée et s’est même considérablement aggravée. Certes, les lourds sacrifices consentis par les militants nationaux ont longtemps permis de préserver notre patrimoine naturel et de tenir à distance nombre de spéculateurs. Mais aujourd’hui, un système politico-économique dont les intérêts sont opposés à ceux du peuple corse a décidé de lancer l’offensive finale. Celle-ci peut se résumer en trois orientations : main basse par certaines multinationales sur les secteurs stratégiques ; accaparement de la terre par des intérêts étrangers ; enfin, mise au pas de tous ceux qui refusent cette logique. 
 

Pour mener à bien ce programme, ses promoteurs ont trouvé quelques Corses qui, moyennant la satisfaction de leurs intérêts privés, ont accepté de servir de cheval de Troie. Trahissant honteusement le mandat confié par les électeurs, ils jouent contre leur communauté. Que dire de ces élus, si ce n’est que leur comportement leur vaudra à la fois le mépris des Corses et celui de leurs maîtres parisiens, qui ne manqueront pas de les abandonner lorsque le moment sera venu. On sait ce qu’il advient des « idiots utiles » lorsqu’ils perdent leur utilité…  Au reste, la France n’a jamais témoigné trop de reconnaissance à ceux qui trahirent les leurs pour la servir.


L’essentiel est ailleurs. Il réside dans le choc frontal qui est en train de se préparer entre, d’une part, les Corses qui refusent d’abandonner leur pays à de plus fortunés, et d’autre part les forces politico-économiques qui organisent la mise en coupe réglée de ce même pays. Dans cette perspective, les nationaux corses sont prêts, une fois de plus, à se placer en première ligne. Ils se sont dotés pour cela d’un nouvel instrument dont le nom résume à la fois la philosophie et l’objectif à atteindre : Corsica Libera. Mais dans la bataille qui se profile pour la survie d’un petit peuple, le mouvement patriotique aura davantage besoin d’aide que de reproches, de solidarité que de bons conseils… Oui, la solidarité sera vraiment la notion clé des temps à venir. Cette solidarité dont les Corses ont toujours fait preuve aux heures les plus sombres. Cette solidarité à laquelle ont manqué quelques uns : ceux qui emplissent les poubelles de notre longue histoire.


Les autres, tous les autres, par delà leurs différences, on su reconnaître ceux qui – au prix de mille difficultés – traçaient la voie du salut.

 

Jean-Guy Talamoni

 

  1. Compte rendu « Développement et Tourisme en Corse », in : Bulletin de la Société des Sciences Historiques & Naturelles de la Corse, 2e et 3e trimestre 1967, p. 112.

 

 

(U Ribombu, octobre 2008)

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Présentation

  • : Jean-Guy Talamoni
  • : Jean-Guy Talamoni est avocat. Président de l'Assemblée de Corse, il a publié deux ouvrages politiques, "Ce que nous sommes" (Ramsay/DCL, 2001) et "Libertà" (2004), ainsi que trois livres sur la langue corse.
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