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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 09:00
En Kanaky, l’INSEE s’apprête à organiser un recensement comportant une question sur l’appartenance ethnique. Les indépendantistes s’en félicitent, estimant qu’il s’agit là d’un « outil essentiel pour mesurer le rattrapage des populations kanakes » (Cf. déclaration à l’AFP de Gérard Régnier, secrétaire général de l’Union Calédonienne). Il n’y a évidemment là rien de choquant, sauf pour les plus paranoïaques gardiens de la « République française une et indivisible », lesquels persistent à ne pas voir de différence entre un Kanak et un Berrichon, entre un Corse et un Périgourdin… Ces dinosaures - encore influents - avaient déjà été sérieusement perturbés par l’institution d’une citoyenneté calédonienne ayant des conséquences en matière d’accès à l’emploi et d’inscription sur les listes électorales.

Comme on le voit, même le droit public français peut s’adapter à la situation. (En attendant d’être remplacé par d’autres règles, dont l’application - en dehors de l’hexagone - seront bien plus légitime : celles du peuple concerné.)

À condition toutefois de créer les rapports de force adéquats. Il y quelques jours, la politique de l’emploi au bénéfice des autochtones a été reconnue par l’accord de Guadeloupe comme une revendication acceptable.

Quant à nous, il serait peut-être temps de nous faire entendre…

Jean-Guy Talamoni   
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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 06:50

 

Voici un intéressant - et inquiétant - article publié dans le Journal de la Corse. Il rend compte d’un phénomène que le regretté Aimé Césaire, poète et élu martiniquais (aux idées pourtant peu radicales), n’a pas hésité à appeler « génocide par substitution ». Accueillir et adopter des étrangers est une chose, se faire jeter hors de chez soi par la force de l’argent en est une autre. Depuis des années, les indépendantistes n’ont cessé d’alerter l’opinion sur ce processus, dans l’indifférence totale des politiques aux affaires, et même de certains Corses se réclamant de la nation.

Mais lisez plutôt… 

 

 

 

Disparus les Corses !

 

C´est arrivé ! Pour la première fois dans l´histoire de cette île un village est peuplé de non corses, d´allogènes comme disent les démographes pour signifier ceux qui ne sont pas originaires du coin contrairement aux autochtones qui, eux, le sont. Il existe donc en Haute-Corse (mais la précision s´arrêtera-là pour les raisons que l´on devine) une commune dont les maisons ont été achetées, les unes après les autres, par des Français du Continent qui y on élu domicile après les avoir restaurées pour pouvoir y vivre confortablement. Certains y viennent en vacances alors que d´autres y restent toute l´année, ayant même choisi leur place au cimetière, pour affirmer leur intention d´un séjour définitif. Il est fort possible qu´aux prochaines élections municipales ils désigneront l´un d´entre eux pour conduire les destinées de la commune et ce sera de bonne guerre. Pour l´heure, le maire sortant est corse mais il  réside à la ville. Peut-être pour ne pas faire de l´ombre à ses nouveaux administrés qui d´ailleurs « l´aiment bien ». Comment en est on arrivé là ? Tout simplement parce que les anciens propriétaires des maisons les ont vendues, la  formule «  A terra corsa a i Corsi » ne leur inspirant aucune réticence. Cette « terra corsa » que l´on vend, que l´on brade même  selon les besoins ou les urgences, risque un jour de passer totalement dans d´autres mains. Malgré les slogans  des nationalistes. Il faudra certes encore du temps, beaucoup de temps, avant que le transvasement ethnique soit significatif. Mais le processus est engagé et ont voit mal comment il pourrait être arrêté. D´autant que les actions violentes ne semblent pas produire l´effet escompté. Mais une telle occupation n´est pas spécifique à la Corse. Elle existe  ailleurs, notamment  aux  Baléares où les Allemands possèdent des milliers d´hectares bâtis et non bâtis ou en Toscane « achetée » par les Anglais, les Suisses et les Allemands. Sans que les autochtones y trouvent à redire. Puisque, affirment-ils, «  les étrangers n´emporteront jamais la terre à la semelle de leur souliers »

 

J.N.C.

 

(Journal de la Corse, 13 au 19 mars 2009.)

 

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 20:24

« Je leur ai répondu que les Romains n’avaient pas l’habitude de livrer un homme avant que l’accusé ait été confronté avec ses accusateurs et qu’il ait pu répondre au grief. »

 

Nouveau Testament, Actes des apôtres, XXV, 16.

 

La confrontation de l’accusé avec ses accusateurs : cette antique pratique judiciaire, qui se perd dans la nuit des temps, a été refusée à Yvan Colonna durant l’instruction… Tout comme d’autres garanties élémentaires : la prise en compte des éléments matériels et des témoins à décharge, une reconstitution, le respect de la présomption d’innocence, un débat contradictoire. En somme, un véritable procès.        

Quel que soit le sort qui lui sera fait en définitive, la « procédure » dont il a été l’objet sera, dans les annales judiciaires françaises, une tâche indélébile. Ceux qui y ont participé laisseront malgré eux leurs noms dans les livres d’histoire.

Et ils y auront une place peu enviable.

 

JGT 

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 08:26

 

 

Au moment où la Corse vient de connaître – à son tour – un début de mobilisation, il n’est pas inutile de revenir sur l’accord en 165 points signé dans la nuit du 4 au 5 mars en Guadeloupe. Outre la convention relative à l’augmentation des salaires, un certain nombre d’éléments pourraient intéresser tout particulièrement les Corses :

 

-    Baisses des prix : produits de première nécessité, services bancaires, carburants, eau, électricité, transports…

-    Elaboration d’une « Charte de l’embauche locale de Guadeloupéens » (on se souvient des réactions hystériques régulièrement provoquées à Paris par ce type de revendications lorsqu’il s’agissait de la Corse) ;

-    Réserve de 50.000 hectares de surface agricole incompressible (ce qui est très exactement l’inverse des orientations du PADDUC)…

 

Il n’est sans doute pas inutile de relire cet accord et de s’en inspirer dans les temps à venir pour établir nos propres exigences… Sauf à imaginer que, du point de vue des responsables français, ce genre de demandes serait acceptable en Guadeloupe et irrecevable en Corse…

Mais il s’agirait alors d’une position typiquement raciste.

 

Jean-Guy Talamoni

 

 

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 07:09


Ce plan très controversé fixe les objectifs de développement économique, agricole, social, culturel et touristique de l’île. Pour son plus fervent défenseur, Ange Santini, président du conseil exécutif de Corse, il s’agit rien moins que d’un « projet de société » qui prévoit une Corse ouverte à ceux qui veulent s’y installer pour devenir des résidents permanents ».

 

Eco nostrum.Info, L’actualité économique en Méditerranée (http://www.econostrum.info)

 

 

Dans ces propos d’Ange Santini (publiés dans un média extérieur à la Corse), les choses sont parfaitement claires. Contrairement à ce qu’il peut assurer par ailleurs, sur Corse-matin ou sur FR3, il confirme que l’objectif du PADDUC et de « l’économie résidentielle » est de noyer le peuple corse sous le flot de nouveaux arrivants, à un moment où sévit déjà lourdement la crise de l’emploi et du logement.


Bien entendu, les responsables de la CTC ne sont pas les maîtres d’œuvre de cette stratégie - élaborée dans des bureaux parisiens - mais de simples complices d’un mauvais coup porté à notre communauté nationale, ce qui est déjà suffisamment grave.


Reste à savoir si les Corses vont accepter de laisser leur pays à de plus fortunés…

 

Jean-Guy Talamoni   

 

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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 09:05

  Non contents d’avoir verrouillé le bâtiment du Cours Grandval (portes cadenassées, public trié sur le volet, policiers en civil dans les couloirs), les responsables de la CTC souhaitent à présent verrouiller le système électoral afin de s’assurer une majorité absolue.


Avec le PRG, allié de circonstance, ils préconisent une réforme du scrutin visant à écarter les listes minoritaires ou à en réduire considérablement le nombre d’élus.


Si cette démarche devait aboutir, nombreux seraient les Corses à ne pas se sentir représentés par l’Assemblée de Corse, ce qui ruinerait la légitimité - déjà chancelante - de cette dernière, et sa vocation à être un véritable lieu de dialogue.


Quant à la majorité absolue, voulue par certains comme une citadelle à l’intérieur de laquelle ils se sentiraient bien à l’abri, elle ne serait qu’une citadelle illusoire et, bien souvent, une citadelle assiégée.

 

Jean-Guy Talamoni

 

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 09:17

 

Des juges défiant le pouvoir. Ne rêvons pas. Ca ne se passe pas en France et ça ne concerne pas le procès Colonna : les magistrats pakistanais ont déclaré la guerre au président. Parmi les insurgés, il y a également les avocats, mais ça c’est tout à fait naturel… L’avocat n’est-il pas par nature un contre-pouvoir ?


Pendant ce temps là, à Paris, capitale du pays dit « des droits de l’homme », se réunit chaque jour une bien étrange Cour d’Assises : pas de jurés populaires, pas d’avocats de la défense, pas d’accusé…


Les représentants des parties civiles portent des robes d’avocat. Ils sont – paraît-il – régulièrement inscrits à un barreau. Et ils ont l’air de trouver tout cela normal. Non contents de participer à cette mascarade, ils donnent de surcroît des interviews pour expliquer que les règles sont respectées, que l’accusé n’a que ce qu’il mérite et que ses défenseurs font du… « terrorisme judiciaire » !


Bien confrère. Je prends acte de votre position. Nous ne sommes pas du même pays mais nous avons reçu le même enseignement universitaire français. Et pourtant, je ne comprends pas très bien comment on peut justifier de telles procédures et de telles pratiques.


Et je préfère être dans ma peau – et dans ma robe – que dans la vôtre.

 

 

Jean-Guy Talamoni

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 17:26

« Mon devoir est de parler, je ne veux pas être complice. Mes nuits seraient hantées par le spectre de l’innocent qui expie là-bas, dans la plus affreuse des tortures, un crime qu’il n’a pas commis. »

Emile Zola, « J’accuse », L’Aurore du 13 janvier 1898.

 

Aujourd’hui, la communication est devenue un élément essentiel de la défense, en particulier en matière politique, lorsqu’un accusé innocent est sur le point d’être broyé par un procès kafkaïen. L’affaire Colonna, révoltante à tous égards - et plus encore depuis quelques heures - a déjà donné lieu à quelques articles courageux, y compris dans la presse parisienne. D’autres journalistes, plus réservés ou plus prudents, retiennent encore leur plume, se bornant à rendre compte de façon « neutre » des propos des uns et des autres : président de la Cour, avocats de la défense, des parties civiles… Mais la neutralité, dans un tel cas, participe passivement de l’injustice. Sans compter certaines locutions malheureuses revenant mécaniquement dans les commentaires, telles l’absurde expression « assassin présumé » : dans le droit de n’importe quel pays civilisé, la « présomption » ne peut être que présomption d’innocence. Dans le cas contraire, par un incroyable renversement de la charge de la preuve, ce serait à l’accusé d’établir son innocence !


Pourtant, c’est l’honneur du journaliste que de se refuser à hurler avec les loups, de dénoncer l’inadmissible, d’exprimer ses convictions, de s’engager et de dire : la situation faite à cet homme n’est pas acceptable.

Ce faisant, il peut changer les choses…


C’est la raison pour laquelle il nous faut aujourd’hui en appeler à l’ensemble des commentateurs, corses ou autres : dîtes ce que vous avez sur le cœur, témoignez de ce que vous avez vu et entendu.

Ne vous rendez pas complices d’une infamie.


Dénoncez-là avec force.


Aidez-nous !


Comme l’a fait votre prestigieux confrère en 1898, accusez les accusateurs.

 

Jean-Guy Talamoni

      

 

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 17:25

“My duty is to speak I do not want to be an accomplice. My nights would be haunted by the spectre of the innocent person who is atoning for a crime, which he did not commit, in the most horrible torture”

Emile Zola, “J’accuse”, L’Aurore, January 13th, 1898.

 

Today’s communication has become an essential element of the defence, particularly in political matter, when an innocent accused is on the verge to be broken down by a Kafkaesque trial. Colonna’s trial, revolting in all respects, and even more since the past few hours, has given rise to a few courageous papers, including from the Parisian Press. Some other more reserved or prudent journalists are holding back their pens, limiting themselves to record the remarks of everyone in a neutral manner: the President of the Court, the defendant’s barristers, the civil parties… But, neutrality, in this case, participates passively to injustice. Without counting some expressions unfortunately coming mechanically in the commentaries, such as the absurd phrase “alleged murderer”, in the law of any civilized country, “presumption” can only be presumption of innocence. In the other hand, by a stupendous overturn of the proof charge, it would be left to the defendant to prove his innocence!

Yet, it is the honour of a journalist to refuse to follow the pack, to denounce the unacceptable, to express his convictions, to take a stand, and to say: the situation regarding this man is not acceptable.

In so doing, he could change things…

It is the reason for which we must today call upon all the Corsican and other analysts and commentators: say what is on your mind, testify about what you saw or heard.

Do not make yourselves accomplices of infamy.

Denounce it with all your might;

Help us!

Like your prestigious colleague did in 1898, accuse the accusers!

 

Jean-Guy Talamoni

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 13:57

400 000 à 450 000 euros. C’est, de l’aveu même de l’exécutif, le montant des honoraires déjà perçus par le cabinet Tetra de la part de la Collectivité Territoriale de Corse pour la réalisation du PADDUC !


Certes, cette somme n’est rien à côté des dégâts qu’occasionnerait le document à notre pays, s’il était validé par l’Assemblée de Corse.


Mais tout de même, payer une telle somme pour ce texte ! En comparaison, la prose de Xavière Tiberi, tant décriée en son temps, apparaît comme particulièrement brillante (et bon marché!). 


Composé d’un verbiage insipide émaillé d’inepties et de chiffres périmés, le PADDUC mériterait qu’un véritable bêtisier lui soit consacré, ce que nous n’avons pas le temps de faire ici. Un seul exemple : au centre du « dispositif », on trouve la prévision d’une croissance de… 5% ! Antoine Sindali, membre du Conseil exécutif, a été contraint de reconnaître que ce n’était « pas sérieux ».


Un « bac moins cinq » rendant une telle copie se verrait délivrer le bonnet d’âne !

 

 

 

 

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Présentation

  • : Jean-Guy Talamoni
  • : Jean-Guy Talamoni est avocat. Président de l'Assemblée de Corse, il a publié deux ouvrages politiques, "Ce que nous sommes" (Ramsay/DCL, 2001) et "Libertà" (2004), ainsi que trois livres sur la langue corse.
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