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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 18:41

« Cala purcina » : le vrai nom de ce lieu ne faisait pas vraiment jet set. 

Ni les sangliers qui le fréquentaient autrefois.


On a donc banni les sangliers et installé des clôtures pour qu’ils ne reviennent pas.

On aussi changé le nom : « Punta d’oru » est plus tendance. Plus conforme aussi au standing des nouveaux habitants.


Pour pénétrer dans cette enclave, il faut désormais montrer patte blanche.

Plus de sangliers autochtones. Ils ont été remplacés par des coqs gaulois (métalliques, c’est moins salissant !)


Plus d’humains d’origine insulaire, sauf un (l’indispensable invité des dîners de cons).

Plus de Corses, mais pour faire bonne mesure on a créé une « Allée de la Corse ». Ca ne s’invente pas !


Pas même une amicale des Corses de « Punta d’Oru » : il n’y aurait qu’un seul membre (ce qui est largement suffisant pour les dîners, mais de là à créer une amicale…)

Malgré tous les efforts déployés pour civiliser et aseptiser ce lieu, tout ça ne sent pas vraiment le propre.


Et les piscines ressemblent à des auges...


Malgré, ou à cause de l’argent qui y a été dépensé.


I purcelli ùn sò più listessi, ma simu bè in « Cala purcina ».

 

Jean-Guy Talamoni

 

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 07:14

Une mère de famille arrêtée à six heures du matin, devant ses enfants, par une troupe de policiers agissant dans le cadre d’une procédure totalement infondée (devant d’ailleurs se solder quelques heures plus tard par une relaxe) : un fait de cette nature soulèverait partout ailleurs un véritable scandale. Mais en Corse, il s’agit d’un épisode s’inscrivant tout naturellement dans une démarche de mise au pas et d’humiliation de notre peuple.

Il y a certes de nombreux Corses qui refusent ce genre d’agressions.

Mais d’autres l’acceptent avec fatalité, avec résignation, voire plus, si affinité avec les persécuteurs…

Vergogna à elli.

 

JGT    

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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 16:43

Lors du « Club de la presse » de ce jour sur RCFM, Emile Zuccarelli s’est lancé dans une longue tirade sur la liberté de la presse, précisant qu’il ne s’agissait pas de sa part d’une quelconque flagornerie…

Nous l’avons pourtant connu moins respectueux de cet élémentaire principe démocratique, notamment le jour où il a physiquement empoigné un caméraman de France 3 corse, en pleine salle du Conseil municipal, afin de l’empêcher de filmer l’intrusion d’un groupe de militants. Ces derniers entendaient protester contre la répression et en particulier celle qui menaçait de frapper Jean Castela et Vincent Andriuzzi, dont le procès allait avoir lieu…

Cette affaire avait été étouffée on ne sait trop dans quelles conditions. Pas même un mot à l’antenne. À l’époque, la direction de France 3 nous avait expliqué que Monsieur Zuccarelli s’était excusé.

On imagine ce qu’il se serait passé si un élu nationaliste avait levé la main sur un journaliste. Il est peu probable que des excuses auraient suffi à éviter une polémique, voire un procès…

 

JGT

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 07:19

Dans le flot d’insanités récemment déversées par Christophe Barbier sur la Corse et les Corses, une phrase peut être tout particulièrement relevée :

« Rage contre ces fous qui pensent que la Corse, si elle quittait le giron de la France, pourrait être autre chose qu’un tripot mis en coupe réglée par les mafias. »

 

Elle appelle quelques observations :

1/ La Corse ne s’est jamais réfugiée dans le giron de la France : elle y a été jetée contre sa volonté et par la force des armes.

2/ Elle était, avant ce triste épisode de son histoire, une république démocratique ; ni un tripot, ni un panier de crabes poudrés comme, à la même époque, la « cour parfumée » de Louis XV. Monsieur Barbier n’aurait d’ailleurs pas dépareillé dans ce décor : son inclination particulière au persiflage lui aurait permis de trouver sa place dans un salon, un de ceux qui n’ont jamais été éclairés par les Lumières.  

3/ La tentative actuelle de « mise en coupe réglée par les mafias » vient précisément de la France et de ses associés, à travers notamment le fameux PADDUC (que les « fous » dont parle Monsieur Barbier sont les seuls à combattre vraiment…)

 

Souhaitons en conclusion que Christophe Barbier continue, longtemps, à écrire comme il le fait. Chacune de ses phrases outrancières  nous fait gagner de nouveaux soutiens.

 

Jean-Guy Talamoni

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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 10:11

Décidément, les recettes parisiennes sont bien les mêmes, partout où l’hexagone exerce encore son influence.

En Corse, Paris a lancé une vaste opération de spoliation à travers le PADDUC, document présenté comme un projet de société et visant, en fait, à donner un cadre juridique à la dépossession foncière et économique. Il s’appuie pour ce faire sur des « locaux » exclusivement soucieux de leurs intérêts particulier. Si des débats publics factices sont bien organisés pour amuser les gogos, les vraies tractations ont lieu dans des salons feutrés où l’on se partage le gâteau.

On apprend aujourd’hui qu’en Guadeloupe, l’Etat français et le MEDEF local se préparent, tout aussi clandestinement, à mettre en œuvre leur « projet de société ». Dans une note destinée à ses administrateurs, le président du MEDEF présente une stratégie de prise du pouvoir arrêtée lors d’une réunion « informelle et confidentielle » avec le préfet de Guadeloupe. La lecture de cette note, qui n’avait évidemment pas vocation à être lue au delà d’un petit cercle d’initiés, est particulièrement édifiante : comme pour le PADDUC, il est question d’un « projet de territoire » engageant la Guadeloupe pour plusieurs décennies, projet devant être réalisé… en 60 jours ! Remarquez, s’il s’agit de rédiger un texte de la qualité du PADDUC, c’est plus que suffisant. Après avoir affirmé son ambition de faire du MEDEF territorial « un véritable contre pouvoir voire un véritable pouvoir », la note confidentielle prévoit de faire présenter ce projet, non par le MEDEF lui-même mais par un faux-nez baptisé « Alliance Antilles 2030 », association à créer, présentée comme « une sorte de clone du LKP » !

Sauf que le LKP est un outil d’émancipation émanant de forces vives et populaires, alors que le prétendu « clone » serait un instrument d’oppression et de mise en coupe réglée, issu d’un complot ourdi par des conspirateurs de préfecture…

 

Jean-Guy Talamoni        

 

Lire la note confidentielle :
linkhttp://ugtg.org/IMG/pdf/Koudeta_kont_Gwadloup.pdf

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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 21:57

 

À lire, dans Corse-Matin, cette étrange déclaration des marins et personnels sédentaires de la CGT :

« Jean Nicoli, au même titre que Danielle Casanova symbolise, plus de 60 ans après la libération du pays lors de laquelle la Corse montra la voie, un service au service de l’intérêt général dans le cadre du service public de continuité territoriale. »

Etonnant, non ?

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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 19:19

Longtemps, je fus « anti-européen ». (…) Pour moi, pour nous, l’Europe était un mot qui ment.

Edgar Morin, Penser l’Europe.

 

L’Europe qui se construit de nos jours n’est certainement pas celle que nous appelons de nos vœux : les aspirations des pouvoirs financiers qui la dirigent sont aux antipodes des nôtres, l’hystérie sécuritaire des politiques qui la représentent nous fait horreur.

Où est-elle donc, cette Europe des droits de l’homme dont on a rebattu les oreilles de générations d’étudiants, lorsque l’on condamne impunément un innocent dans l’un de ses états membres ? Comment peut-elle se satisfaire de procédures dont la longueur et le manque d’efficacité rendent l’existence de recours plus théoriques que réels ? Pourquoi accepte-t-elle sans sourciller les fichages ADN, la multiplication des caméras de surveillance qui rendent illusoire la notion même de vie privée, les juridictions d’exception qui, par leur seule existence, portent une atteinte irrémédiable aux droits de la personne humaine ? Quelle prétention peut-elle avoir en matière de droits de l’homme et de libertés fondamentales quand, à cet égard, sa « Convention » reste largement lettre morte et son unique réussite demeure le « mandat d’arrêt européen » ?

Où se cache-t-elle, cette Europe sociale dont on nous a fait rêver, quand la fracture ne cesse de s’élargir, lorsque les « patrons voyous » sont les seuls à ne pas supporter les conséquences de leurs turpitudes, quand des intérêts privés liés au pouvoir politique s’emparent, pour des sommes dérisoires, de compagnies publiques (Cf. affaire de la SNCM) ? Que fait-elle lorsque l’on engage des poursuites pénales pour réprimer une action syndicale parfaitement légitime ?

Non, décidément, cette Europe de la finance et de la police n’est pas la nôtre…

Pour autant, ce constat doit-il nous conduire à devenir anti-européen ?

Certainement pas, si l’on considère que l’Europe actuelle souffre surtout de ne pas être suffisamment elle-même, de ne pas avoir su - ou pu - s’émanciper de ces états-nations « à la française », selon la désignation que leur appliquent les politologues. Ces derniers n’ont jamais laissé s’épanouir le principe communautaire dit de « subsidiarité » qui aurait pu donner la parole - et le pouvoir - aux peuples. Ceux qui, comme nous, pensent qu’un autre monde est possible, pensent également qu’une autre Europe peut advenir.

C’est dans cet esprit, et cette perspective, que doivent œuvrer les nations sans état du vieux continent, avec les forces politiques et sociales qu’elles auront su générer, pour ébranler l’ordre financier et policier européen.

Et bâtir, demain, l’Europe des peuples.   

 

Jean-Guy Talamoni

 

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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 17:58

Il ne se passe pas une semaine sans que n’ait lieu une rafle parmi les militants de Corsica Libera. Les raisons de ce harcèlement policier et judiciaire sont faciles à comprendre. Les tenants du système politico-économique qui se met en place dans notre pays ne se trompent pas d’adversaire : ils savent où sont les opposants les plus résolus au PADDUC et à la mise à l’encan de la terre corse. Ils ont compris qui pouvait menacer leurs projets et leurs intérêts. Ils n’ignorent pas quelle force politique constitue le dernier rempart contre la mise en coupe réglée de ce pays.

Pour nos ennemis comme pour nous-mêmes, les choses n’ont jamais été aussi claires. Quant aux autres, ceux qui hésitent encore, il faudra bien qu’ils choisissent leur camp.

 

JGT

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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 21:09

À l’occasion de son départ, Michel Reymondon, inspecteur d’académie de la Haute-Corse, a longuement insisté sur ce qu’il considère comme un sujet de fierté : les prétendues avancées enregistrées en matière d’enseignement de la langue corse. On se souvient pourtant qu’il y a deux ans, deux occupations consécutives de ses locaux avaient été nécessaires pour exiger… le respect des conventions passées entre l’Etat et la CTC en matière d’ouverture de sites bilingues !

À l’époque, la mauvaise foi de l’inspection d’académie avait scandalisé jusqu’aux membres de la majorité de l’Assemblée territoriale. C’est tout dire !

Quant au fond du problème, pour ceux qui ne seraient pas convaincus de la nocivité de la politique française en la matière, il est possible d’en mesurer les effets sur le site de l’UNESCO : « Vitality definitely endangered ».

Il n’est pas nécessaire de traduire.

 

JGT

 

 

 

Name of the language

Corsican (en); corse (fr); корсиканский (ru)

Vitality

definitely endangered

Number of speakers

160,000 (in 1995 spoken by 64 per cent of 250,000 people according to Sibille 2000: 33)

Location(s)

Corsica (Corse); also spoken on Maddalena Island off the northeast coast of Sardinia and in many émigré communities

Country or area

France - Italy

Coordinates

lat = 42.0819; long = 9.0307

References

Corresponding ISO 639-3 code(s): cos
Record number: 00496

 

Cf.: http://www.unesco.org/culture/ich/index.php?pg=00206

 

 

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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 08:26

La « Commission permanente » de l’Assemblée de Corse a jugé irrecevable la motion déposée par Corsica Libera tendant à voir constituer une Commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Colonna et les juridictions d’exception dites « antiterroristes ». Cette attitude est conforme au comportement habituel - et politiquement peu courageux - de la majorité de l’Assemblée, laquelle cherche systématiquement à éviter de se prononcer sur les questions qu’elle juge délicates. Une nouvelle motion a immédiatement été déposée par Corsica Libera sur le bureau de l’Assemblée :

 

Motion avec demande de priorité

 

Déposée par Jean-Guy Talamoni au nom du groupe CNI

                  

 

 

Considérant la motion déposée le 28 mars 2009, dont les termes sont les suivants :

 

« Considérant le verdict prononcé à l’encontre d’Yvan Colonna ;

 

Considérant les graves atteintes aux droits de la défense constatées tant au moment de l’instruction que devant la Cour d’Assises spéciale (atteinte à la présomption d’innocence, refus de confronter l’accusé à ses accusateurs, défaut de reconstitution, partialité évidente du président de la Cour d’Assises spéciale…) ;

 

Considérant que tous ces éléments sont de nature à discréditer totalement la procédure suivie contre Yvan Colonna et plus largement les juridictions spéciales dites « anti-terroristes » ;

 

Considérant la constitution d’une commission parlementaire dans un autre scandale judiciaire, connu sous le nom d’« affaire Outreau » ;

 

Considérant les propos d’un membre du Conseil exécutif de Corse, lequel s’est publiquement déclaré favorable à la constitution d’une commission parlementaire chargée de se pencher sur l’affaire Colonna ;

 

Considérant que, malgré les doutes que l’on peut nourrir sur la capacité des institutions politico-judiciaires françaises à se remettre en cause, surtout lorsqu’il s’agit du problème politique corse, il n’est sans doute pas inintéressant de voir une telle commission enquêter sur les dérives des juridictions dites « anti-terroristes » ;

 

 

Considérant la décision rendue ce jour par la commission permanente de l’Assemblée de Corse déclarant ladite motion irrecevable ;

 

Considérant le premier argument de la commission permanente, selon lequel l’initiative d’une commission d’enquête parlementaire ne peut être que parlementaire ;

 

Considérant que la motion dont s’agit n’a évidemment pas pour objet d’ouvrir la procédure de constitution de la commission d’enquête, mais, comme toute motion de l’Assemblée de Corse, de formuler un vœu de nature politique que les parlementaires pourront éventuellement prendre en compte ;

 

Considérant qu’ainsi, ce premier argument semble avoir pour unique objectif de réaffirmer une évidence, et qu’il ne présente par conséquent aucun intérêt ;

 

Considérant le second argument de la commission permanente, aux termes duquel la commission d’enquête ne pourrait être constituée, au motif que l’affaire Colonna n’a pas connu un dénouement judiciaire définitif ;

 

Considérant que cette position relève d’une conception juridique plus que contestable ;

 

Considérant qu’il convient en effet de rappeler qu’en la matière, on adopte une interprétation souple des prescriptions légales dès l’instant où la proposition fait l’objet d’une rédaction « générale » (Cf. rapport Commission des Lois n° 1604 du 19 mai 1999) ;

 

Considérant qu’ainsi, quelques semaines après l’affaire dite « des paillotes », une commission d’enquête a pu se pencher sur les forces de sécurité en Corse et notamment sur le fameux GPS, et ce sans attendre plusieurs années la fin de procédure engagée (laquelle procédure n’était pas alors devant la Cour de cassation mais … en cours d’instruction !) ;

 

Considérant qu’ainsi, ce second argument de la commission permanente n’est pas plus pertinent que le premier, et que la motivation réelle de la déclaration d’irrecevabilité est manifestement de se débarrasser d’une motion posant problème à la majorité de l’Assemblée territoriale ;

 

Considérant cependant, qu’afin que la moindre ambiguïté ne puisse subsister et que chacun soit face à ses responsabilités, la référence à l’affaire Colonna peut être retranchée du dispositif, l’essentiel étant qu’une enquête soit réalisée sur les activités des juridictions dites « anti terroristes » ;

 

L’Assemblée de Corse

 

Demande la constitution d’une commission d’enquête parlementaire relative aux activités des juridictions spéciales dites « anti-terroristes ».

 

 

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Présentation

  • : Jean-Guy Talamoni
  • : Jean-Guy Talamoni est avocat. Président de l'Assemblée de Corse, il a publié deux ouvrages politiques, "Ce que nous sommes" (Ramsay/DCL, 2001) et "Libertà" (2004), ainsi que trois livres sur la langue corse.
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