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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 13:11

                             

À l’occasion des journées internationales de Corti, est né un « Collectif International de Défense » regroupant des avocats issus de peuples sans état sous tutelle française, afin de faire face de façon solidaire aux agressions judiciaires dont sont l’objet les militants politiques et syndicaux. 

 

 

 

COLLECTIF INTERNATIONAL DE DEFENSE

 

 

 

DECLARATION

 

 

-         Considérant la mise en place d’une législation d’exception en matière de manifestations et de procédure pénale ;

 

-         Considérant que les effets pervers de la mondialisation capitaliste ont entraîné et entraîneront encore des grèves, des mouvements sociaux et plus généralement des revendications des peuples ;

 

- Considérant également que l’uniformisation et la marchandisation des cultures est une atteinte à la liberté des peuples à témoigner d’eux-mêmes et une expression moderne de la domination étatique par l’expression du droit du plus fort ;

 

-         Considérant qu’il en résulte que la réponse de l’Etat français face à la détresse des individus et des peuples est l’instrumentalisation de la justice par la répression judiciaire ;

 

-         Il est décidé de la création d’un Collectif de Défense Internationale composé d’avocats des pays des nations sans Etats, qui a l’ambition de s’élargir à tous les défenseurs épris de justice et d’égalité sociale.

 

-         Le Collectif de Défense Internationale se donne pour mission d’assister et de défendre les militants syndicalistes et les ressortissants des peuples en lutte.

 

Corti, le 9 Août 2009

 

 

Bâtonnier STAGNARA, Corse

Me Jean-Guy TALAMONI, Corse

Me Sarah ARISTIDE, Guadeloupe

Me Georges-Emannuel GERMANY, Martinique

Me Patrice TACITA, Guadeloupe.

 

 

 

 

 

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 23:34

 

Le groupe Corsica Libera a été le seul groupe à ne pas avoir voté la dotation demandée par les organisateurs du Tour de Corse relayant les exigences de la Fédération Française de Sport Automobile.

Nul ne conteste l’intérêt du Tour de Corse. Cependant, il n’est pas admissible de céder systématiquement devant les diktats de la Fédération française, laquelle ne cesse d’abuser de la situation. L’an dernier déjà, un débat animé avait eu lieu à l’Assemblée, les groupes d’opposition demandant que l’on cesse d’exercer ce chantage à la suppression du Tour de Corse, et réitérant, une fois de plus, leur souhait de voir  chiffrer par une étude de la CTC les retombées économiques du Tour, ce qui est la moindre des choses pour des élus soucieux des deniers publics. Une nouvelle fois, le Conseil exécutif est revenu devant l’Assemblée sans  avoir fait effectuer une telle étude, demandant aux conseillers territoriaux de se reporter à une enquête commandée par… les organisateurs du Tour eux-mêmes !

Par ailleurs, il s’agissait cette année d’allouer, outre les 900.000 € du Tour de Corse, 200.000 euros pour l’organisation d’une nouvelle manifestation (« Rallye des 10.000 virages »), présentée comme une nouvelle exigence de la FFSA !

Outre le fait que ce nouveau rallye entrait en concurrence (déloyale) avec une autre manifestation, on ne pouvait pas ne pas comparer les sommes exigées pour le nouveau « Rallye des 10.000 virages » (200.000 €) à celles, dérisoires, allouées aux autres manifestations : 10.000 euros (soit vingt fois moins !) pour le « Tour de Corse historique » ou la « Giraglia », épreuves solidement installées dans le paysage sportif insulaire et ayant également des retombées économiques non négligeables. Corsica Libera a estimé, d’une part, que la CTC ne pouvait être soumise à un chantage constant de la FFSA, et d’autre part que la disparité constatée dans le traitement des différentes manifestations constituait une insupportable marque de mépris envers les nombreux bénévoles du monde sportif, et spécialement du sport automobile, travaillant sans relâche avec des aides limitées et une abnégation méritoire. D’où l’abstention de Corsica Libera, dont les membres demeurent attachés au Tour de Corse, mais également à l’ensemble du monde sportif insulaire, ainsi qu’aux intérêts et à la dignité de la Corse, qui n’a pas à être soumise à un chantage permanent.

 

 

Pour le groupe Corsica Libera,

Jean-Guy Talamoni     

 

 

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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 16:54

Intervention de Jean-Guy Talamoni pour le groupe indépendantiste « Corsica Libera »

 

Débat à l’Assemblée territoriale sur l’officialisation de la langue corse

 

Aiacciu, le 20.VII.07

 

 

 

Mes chers collègues,

 

Nous nous sommes, dans cette enceinte, souvent affrontés politiquement ces derniers mois et il y a fort à parier que les temps qui viennent ne seront pas marqués par une entente cordiale entre les différents courants de notre Assemblée.

Je voudrais cependant, sur le sujet de la langue corse, de notre langue à tous, appeler l’ensemble des membres de notre institution à mettre de côté toute arrière pensée partisane - ce que nous voulons, pour notre part, faire sincèrement aujourd’hui - s’agissant d’un thème aussi fondamental.

Nous devons, ensemble, tenter d’avoir une réflexion orientée vers l’action, une action profitable à tous, puisque visant à préserver ce trésor que nous avons en partage et qui constitue le sanctuaire de notre identité commune : a nostra lingua.

S’è no femu di manera à salvà - eppò à sviluppà - issu tesoru, tandu i vincitori ùn seranu micca l’indipendentisti, nè i naziunalisti, ma noi tutti, è tutti l’altri Corsi, perchè, s’è no simu quì in disacordu nantu à quasi tuttu (è ci vole à ricunosce la dinù !), ci hè una cosa chì ci pò avvicinà : l’amore di ciò chì face u cimentu d’un populu chì esiste dipoi millai d’anni, a nostra lingua, chì ghjè sicuramente un modu di cummunicà, ma dinù a nostra manera di participà à u mondu.

Oghje, ùn hè micca u rispunsevule puliticu chì vi parla.

Ghjè un Corsu chì parla à d’altri Corsi d’un affare chì ùn ci pò spiccà, chì ùn ci pò chè unisce.

 

Si j’ai tenu à introduire le sujet de cette façon peu habituelle, c’est parce que je suis fermement convaincu que ce que nous avons à faire aujourd’hui peut avoir une portée dépassant largement le cadre d’une mandature.

Je voudrais donc rendre chacun d’entre vous attentif aux enjeux.

Je chercherai également à exclure de mon propos toute considération d’ordre idéologique, pour analyser la situation de la façon la plus objective possible.

 

Il n’est pas nécessaire de revenir sur l’importance de la langue et la nécessité de la préserver, puisque c’est ce que nous avons déjà dit tous ensemble, à l’unanimité, par notre délibération de 2005.

Nous avons à l’époque réaffirmé notre attachement à la langue et créé « U Cunsigliu di a lingua è di a cultura ». Nous avons également mandaté un comité d’experts (parmi lesquels des membres de l’Université de Corse, mais également d’institutions extérieures comme la Sorbonne), chargés d’étudier la situation de la langue au sein de la société corse et de faire des propositions d’orientations.

Ce comité a rendu son rapport, depuis un certain temps déjà.

Tout en exposant leurs préconisations dans différents domaines, ses rédacteurs affirment qu’à défaut de donner un statut d’officialité à la langue, il n’est pas envisageable d’en arrêter le déclin. Appelé par la Commission de la culture de notre Assemblée à préciser la pensée du comité de scientifiques, son président, Jacques Thiers, confirme de façon parfaitement claire que « Cette longue et profonde observation de notre situation me conduit à affirmer qu’un statut d’officialité est incontestablement l’une des conditions nécessaires pour que nous puissions espérer pour la langue corse un arrêt de l’érosion de sa pratique vivante, une remontée dans les usages ainsi qu’un développement harmonieux et utile pour son usage social. »

 

Je pourrais m’arrêter là :

 

Avemu dumandatu à uni pochi di scientifichi di dì ciò chì ci vulia à fà par salvà a lingua corsa.

L’anu detta, chjaramente è bè.

Avà, ci tocca à fà, simpliciamente, di manera à ùn lascià more u corsu.

Dumane, nimu ùn puderà dì chì ùn sapia micca cosa fà…

È d’esse naziunalistu o contru à i naziunalisti ùn hà nunda à chì vede incù u prublema.

À issu prupositu, tengu à salutà u Mere di Galeria, chì ùn hè mancu appena naziunalistu è chì hà fattu, da Corsu è da elettu, ciò ch’ellu pudia fà per a so lingua.

 

Quelques mots également pour vous montrer que l’officialisation du corse n’est aucunement une question idéologique, mais tout à fait pratique.

Aujourd’hui, une entreprise n’a pas le droit de formuler une offre d’emploi en mentionnant « langue corse souhaitée ». C’est illégal. Une société de Porti Vechju en a fait l’expérience l’an dernier. L’ANPE avait refusé d’enregistrer l’offre, son directeur expliquant qu’il avait consulté le service juridique à Paris et que s’il ne rejetait pas cette offre, il pouvait être traduit devant le tribunal correctionnel pour discrimination ! Voici l’un des problèmes qui pourraient être réglés par l’officialisation. Cette dernière contribuerait, de toute évidence, à faire de la langue corse un vecteur de promotion sociale.

Ainsi, les parents trouveraient un nouvel intérêt à placer leurs enfants dans les sites bilingues, dont on sait qu’ils rencontrent des difficultés dans de nombreuses régions de l’île. Ceux qui placent aujourd’hui leurs enfants dans les sites bilingues sont généralement des Corses qui le font plutôt pour des raisons identitaires. Les parents qui ne sont pas d’origine corse ne voient pas l’intérêt de faire apprendre à leurs enfants une langue « inutile » en termes de promotion professionnelle et sociale. Le résultat est que le libre choix et la filiarisation conduisent à l’ethnicisation des rapports scolaires et sociaux.

Je prendrai simplement un exemple : à l’Isula Rossa, à la rentrée 2008, on comptait 1% d’enfants d’origine maghrébine dans la filière bilingue contre 25% dans la filière standard. Est-ce une bonne chose ? Pour notre part nous prétendons que non. L’officialisation du corse changerait nécessairement l’attitude des parents d’origine étrangère et notre langue retrouverait sa vocation à être un vecteur d’intégration, comme à une époque, pas si lointaine, où les étrangers arrivés dans l’île apprenaient le corse, naturellement, en travaillant…

Je m’adresse ici tout particulièrement aux membres de cette Assemblée qui se revendiquent de l’idée républicaine française. Ils n’en sont pas moins Corses.

Est-ce que votre conception de la république vous conduit à accepter que l’on mette actuellement en place, de fait, des filières sur la base de critères ethniques ?

Vous voyez qu’il n’est pas nécessaire, tant s’en faut, d’être indépendantiste pour souscrire à notre proposition ! Je dirai même que, paradoxalement, se dire républicain français devrait conduire à la même conclusion !

 

Je pourrais également vous dire que les mesures votées par cette Assemblée en faveur de notre langue, à défaut d’officialisation, ne changeront pas fondamentalement les choses. Elles les changeront d’autant moins que l’Administration française continue à s’y opposer, se refusant même à appliquer les conventions qu’elle a signées avec notre collectivité. Dois-je rappeler qu’à la rentrée 2007, il a fallu deux occupations successives de l’Inspection académique de la Haute-Corse par des formations politiques et syndicales, pour obtenir l’ouverture de sites bilingues pourtant prévue contractuellement !

 

La CTC elle-même, bien souvent, ne respecte pas ses propres délibérations. Souvenez-vous qu’il y a deux ans, presque jour pour jour, nous avons voté un « Plan stratégique d’aménagement et de développement linguistique pour la langue corse ». Et pendant ces deux ans, aucune des mesures pratiques prévues par ce plan n’a été mise en œuvre !

 

Ma oghje, ùn simu micca quì per fà rimproveri, nè mancu per apruntà i rimproveri di dumane.

Vuleriamu simpliciamente avanzà.

Perchè a lingua ùn hè micca solamente un cartulare, ghjè assai di più.

 

Eccu ciò ch’o vulia dì.

 

Eri, pigliendu u caffè, aghju spiecatu à dui amichi ciò ch’o m’apruntava à dì à a nostra Assemblea per circà à ottene u votu di issa muzione.

U primu m’hà dettu : « Perdi u to tempu : ùn vale à fischjà quandu u cavallu ùn vole beie ».

U secondu hà osservatu incù malizia : « Ind’è mè si dice : Ùn vale à fischjà quandu u sumere ùn vole beie » !

Aghju rispostu chì ancu s’è un imperatore rumanu avia numinatu u so cavallu senatore, ùn ci era, à l’Assemblea di Corsica, nè cavalli, nè muli nè sumeri…

 

Vi dumandu di vutà per l’ufficialisazione di a lingua corsa.

 
_________________________________

 
   

Résultat du vote: 

Pour:
 19 voix
Contre: 28 voix
Non partic., abst.: 4. 

 

 

  

 

 

 

 

 

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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 22:26

Force est de constater qu’au-delà des déclarations de principe d’un certain nombre d’élus, au-delà de l’enthousiasme, justifié au demeurant, manifesté à l’occasion de l’élection d’un parlementaire européen corse, l’Europe demeure largement, dans l’esprit de nos compatriotes, une entité abstraite, dispensatrice de crédits mais également productrice de normes contraignantes et parfois pénalisantes.

Le désintérêt quasi général observé durant la campagne des élections européennes est l’un des symptômes de la situation. Les responsables politiques aux affaires n’ont pas su, ou voulu, impulser les démarches qui auraient pu changer cet état d’esprit. La suppression en 2004 de la commission des affaires européennes de l’Assemblée de Corse en dit long sur leur incapacité à percevoir l’importance de certains enjeux, tout comme l’embryon d’antenne de la Collectivité Territoriale de Corse à Bruxelles, qui demeure, depuis des années, à la mesure des ambitions européennes des locataires du cours Grandval…

Quant à l’image que peuvent avoir les institutions communautaires de leurs interlocuteurs corses, elle demeure largement celle de « chasseurs de primes » n’ayant aucun projet global de développement, d’où un sérieux déficit de crédibilité. De fait, les relations entretenues avec Bruxelles, en ordre dispersé, par un certain nombre d’institutions politiques et professionnelles, n’ont évidemment qu’une efficacité extrêmement limitée.

C’est la raison pour laquelle il convient de développer, en direction de l’Union Européenne, une stratégie globale, cohérente et lisible, de développement économique, social et culturel, autour de laquelle pourraient s’articuler les projets particuliers. La démarche que nous portons pour notre part est connue : nous plaidons résolument pour un développement solidaire fondé sur la valorisation de l’identité et de l’environnement. En 2000, cette stratégie, proposée par le mouvement national, avait été validée par les principales institutions de l’île et avait été présentée à l’Union Européenne au cours du « processus de Matignon ». Les réactions des autorités communautaires avaient été très favorables à la démarche, laquelle avait été interrompue en même temps que le processus politique, après l’échec de Lionel Jospin à l’élection présidentielle française. Il n’en demeure pas moins que ce type de développement est aujourd’hui encore le seul pouvant être maîtrisé par les Corses et allant dans le sens de leurs intérêts collectifs. À l’inverse, la stratégie portée par le PADDUC et fondée sur la dépossession immobilière et l’économie résidentielle (ou « présentielle ») compromet lourdement la présence même du peuple corse sur la terre de Corse. C’est « la cage sans les oiseaux », vieux rêve caressé par des générations de politiques ou d’envahisseurs étrangers, français ou autres…

Il est évident que le caractère fructueux de nos relations avec l’Europe dépendra non seulement de la cohérence mais également de la pertinence de notre discours, au regard du seul objectif qui vaille : construire un développement au service des intérêts corses.    

   

Jean-Guy Talamoni

 

 

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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 10:58

Bastia, le 1er juillet 2009

 

« La justice humaine est d’ailleurs pour moi ce qu’il y a de plus bouffon au monde ».

Flaubert, lettre à Ernest Chevalier, 15 mars 1842.

 

Ces mots du grand romancier peuvent paraître quelque peu excessifs. Toutefois, dans certains cas…

Quand vous entendez que vous êtes condamné pour avoir pris un rafraîchissement dans un jardin, en bavardant avec le gardien des lieux et son épouse…

Il n’est pas nécessaire d’avoir suivi des études de droit. Il suffit de savoir lire le français et de jeter un coup d’œil au Code pénal pour s’apercevoir que l’infraction reprochée n’est pas constituée.

Au reste, sans même avoir recours à un code, un peu de bon sens ne permet-il pas d’aboutir à la même conclusion ?

Mais alors, comment avons-nous pu être condamnés, puisque les juges ne sont pas censés manquer de bon sens, qu’ils savent lire, et qu’ils ont le Code sous les yeux ?

Comme le disaient nos anciens, y compris ceux qui n’avaient pas lu Flaubert :
« À chì hà danari è amicizia,

Torce u nasu à a ghjustizia ».

(Celui qui a de l’argent et des amis,

Tord le nez à la justice).

Dans cette affaire, l’argent ne manquait pas.

Et la prétendue victime avait au moins un ami.

Pas n’importe quel ami…

 

Jean-Guy Talamoni

 

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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 12:03

Déclaration de Camille de Rocca Serra publiée le jour même du retrait du PADDUC (Corse-Matin) : « Je souhaite que le débat ait lieu, qu’il soit honnête, riche et qu’il éclaire l’opinion publique sur des enjeux qui engagent son avenir ». Au moment où il prononce ces paroles, la décision de retirer le document est prise. En proférant ces propos mensongers, le président de l’Assemblée de Corse ne fait pas seulement preuve d’un cynisme éhonté. Il ridiculise par avance l’institution dont il a la charge et qui est censée représenter l’ensemble des Corses. Le mot « honnête » prend dans sa bouche une saveur particulière, tant cette notion lui est étrangère : rédacteur du PADDUC, il en est l’un des futurs bénéficiaires en tant que promoteur immobilier ; en charge des intérêts corses, il se rend régulièrement à Paris – flanqué de son compère Santini – pour demander l’incarcération de ses compatriotes (Cf. comptes rendus publiés après ses visites à Matignon et à l’Elysée)…

Les journalistes présents à l’Assemblée lundi dernier se sont étonnés de ce que certains élus de l’opposition, perplexes, n’avaient pas réagi à l’annonce du retrait du PADDUC. Il est vrai que pour ceux qui n’ont pas encore une bonne connaissance des habitudes de la maison, il y a de quoi rester sans voix devant pareille bassesse.

Jean-Guy Talamoni
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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 18:10

À quelques minutes d’un vote devant massivement rejeter son PADDUC, la Conseil exécutif de Corse a capitulé en rase campagne. Cet épilogue peu honorable conclut des mois de confrontation.

On se souvient que l’action de Corsica Libera à Cala Purcina avait permis de braquer le projecteur sur le PADDUC, document que peu de Corses connaissaient avant ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Clavier ». Dès le moment où cette dernière a éclaté, en août dernier, l’opinion corse a manifesté son hostilité au projet, incitant tous les groupes d’opposition à l’Assemblée territoriale à annoncer qu’ils voteraient contre.

Dans le même temps, Corsica Libera soumettait aux Corses son contre-PADDUC, « Corsica 21 ».

Malgré les tentatives des responsables de la CTC de circonvenir certains élus pour inverser le résultat du vote, le PADDUC allait être massivement rejeté.

Les dirigeants de la CTC - désormais minoritaires -  ont préféré éviter le débat au cours duquel ils auraient été contraints d’entendre quelques vérités peu agréables, y compris sur leurs propres affaires.

La bataille du PADDUC ne sera pas allée jusqu’à son terme, le Conseil exécutif ayant été vaincu par forfait. Le groupe Corsica Libera demande à Ange Santini et à Camille de Rocca Serra de tirer les conséquences d’une telle situation en démissionnant de leurs fonctions à la tête de la CTC.  

Quant à cette victoire des opposants au PADDUC - qui est également la victoire de la Corse - elle ne doit pas faire oublier que les promoteurs – bétonneurs n’ont pas renoncé à se partager notre terre. D’autres combats nous attendent dans les mois qui viennent et la plus grande vigilance reste de mise.

 

Pour le groupe Corsica Libera à l’Assemblée de Corse,

Jean-Guy Talamoni 

  

 

 

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 09:49

Ces derniers jours, on a pu voir ressurgir dans les médias des personnalités politiques qui, depuis des années, paraissaient goûter une retraite bien méritée : Jean Baggioni, qui s’exprime avec une vigueur augurant un retour politique, ou, à tout le moins, en exprimant la volonté ; Toussaint Luciani, dont on annonce la « rentrée choc » dans un hebdo insulaire…

De la prestation du premier, on retiendra surtout un ton conquérant, voire agressif, semblant indiquer que, désormais, il faudra (à nouveau) compter avec lui.

Quant aux interventions de Toussaint Luciani, sur France 3 et la presse écrite, elles furent marquées par sa pugnacité coutumière, parfois brouillonne et quelque peu arrogante. Nous l’avons retrouvé tel qu’en lui-même : péremptoire, donneur de leçons, y compris s’agissant de la « violence politique », sujet sur lequel il devrait afficher davantage de discrétion, n’ayant ni le parcours de Gandhi ni celui de Martin Luther King.

Baggioni, Luciani…

À tout prendre, ce n’était pas pire que les actuels Bouvard et Pécuchet du Cours Grandval…

 

Jean-Guy Talamoni

 

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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 07:20

Corsica Libera n’avait pas donné de consigne de vote, les différents contacts noués n’ayant pas permis d’aboutir à un accord politique. Pour autant, les indépendantistes ne s’étaient pas désintéressés du scrutin, l’Europe contribuant à déterminer l’avenir de la Corse.

À l’heure du bilan, on peut regretter que le score du NPA dans la circonscription ne permette pas à Alain Mosconi de siéger.

Il convient aussi de saluer l’élection de Jean-Luc Bennahmias, qui a souvent défendu les prisonniers corses, y compris au Parlement européen.  

Il faut également, et surtout, féliciter François Alfonsi pour son brillant résultat. Il a manifestement bénéficié d’un apport de voix extérieur à sa famille politique. Il n’est pas inintéressant de constater que nombre d’électeurs ont voulu apporter leur suffrage à celui qui leur apparaissait comme le seul Corse susceptible d’être élu. Ce comportement, consistant à donner la priorité aux intérêts corses par rapport à d’autres considérations, est peut-être le signe d’une prise de conscience des menaces pesant sur notre communauté. Si cet épisode pouvait être le prélude à une démarche de solidarité entre tous ceux qui défendent la Corse…

À suivre.

Enfin, il faut observer le mouvement en faveur de l’écologie, que l’on peut constater à l’échelle européenne. Les indépendantistes qui ont, depuis l’origine, intégré à leur action politique les préoccupations environnementales, ne peuvent que s’en réjouir.

Il reste que l’Europe sociale, l’Europe des peuples et l’Europe des droits de l’homme sont toujours à construire.

 

Jean-Guy Talamoni                             

 

   

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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 17:23

Une conférence de presse de la Commission Anti-Répression a été tenue aujourd’hui à Bastia pour rappeler que les engagements de l’Etat français ont été honteusement reniés dans cette affaire.

Il y a sept ans, la promesse de rapprocher tous les prisonniers condamnés était faite à la préfecture d’Aiacciu, devant les responsables de groupes de l’Assemblée territoriale, avant d’être confirmée en conférence de presse. Pour cette annonce, quatre ministres s’étaient déplacés, dont le premier, Monsieur Raffarin, et l’actuel Président de la République, à l’époque en charge de l’intérieur.

Pendant la réunion à la préfecture, Nicolas Sarkozy avait tenu à préciser à l’attention des représentants de Corsica Nazione : « Vous noterez qu’il n’est pas fait de distinction selon la longueur de la peine prononcée ! ».

Peut-être pensait-il, à ce moment là, aux paroles de l’un de ses prédécesseurs au ministère de l’intérieur : « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient »

 

Jean-Guy Talamoni

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Présentation

  • : Jean-Guy Talamoni
  • : Jean-Guy Talamoni est avocat. Président de l'Assemblée de Corse, il a publié deux ouvrages politiques, "Ce que nous sommes" (Ramsay/DCL, 2001) et "Libertà" (2004), ainsi que trois livres sur la langue corse.
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