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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 19:29

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Si les moments importants, qui rythment la vie des peuples, doivent entrer dans les livres, c’est que tout le reste ne suffit pas. Les images de télévision sont rapidement ensevelies dans d’improbables archives d’où elles ressortent rarement – et de façon très sélective. Les articles de journaux finissent en de misérables tas de papiers jaunis où l’histoire ne semble pas pouvoir résider dignement. Certes Internet n’oublie rien, mais ne retient rien non plus. Quant à la mémoire humaine – individuelle ou collective –, elle n’est pas, on le sait, particulièrement fiable. Il nous reste le livre.

Alain Mosconi a décidé de rendre publique sa part de vérité sur « l’affaire du Pascal Paoli », et il le fait à travers un ouvrage synthétique et précis. À ceux qui, comme nous, ont suivi l’affaire de près, il rafraichira les souvenirs. Aux autres, il enseignera comment l’esprit de lucre et les arrangements entre coquins peuvent recevoir l’appui de la force armée. Aux Corses, il rappellera qu’une part de leur patrimoine a été confisquée par les voleurs institutionnels. Même les cocardiers français pourront y trouver leur compte en découvrant, ébahis, que l’armée française a fini par gagner une bataille navale, ce qui ne lui était pas arrivé souvent au cours de son histoire…

Quant aux nationaux, ils feront le lien avec les débats actuels, notamment celui autour de la compagnie maritime publique de la Corse, plus que jamais d’actualité. Ici comme en d’autres domaines, rien ne viendra jamais de la bienveillance parisienne. En ces temps d’incertitudes et d’espoirs – de rapports de forces également –, la Corse a besoin d’un syndicalisme clairement enraciné dans le mouvement national, d’un syndicalisme de combat.

À cette grande idée, Alain Mosconi apporte ici une belle contribution.

 

                                                                                                  (Editions Albiana, Ajaccio, 2013)

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commentaires

C
J'ai acheté ce livre et je ne le regrette pas. Cet homme est sincère, il a la verve d'un homme qui croit en des valeurs simples, qui placent l'humain au-dessus de tout. Que l'on partage sa vision<br /> du monde ou pas, on se doit de reconnaître son honnêteté, il ne dit pas qu'il a raison, il essaie de démontrer, et il y réussi, que la société, quel qu'elle soit ne peut avancer sans projet, sans<br /> idéal, sans humanisation. Vouloir un monde meilleur, vouloir être libre de décider de son destin, n'est ni un crime, ni un délit, c'est un sacerdoce qu'A. Mosconi porte avec panache. Bravo pour<br /> votre ouvrage Monsieur, on y côtois le courage et l'oblativité, la lucidité et le don de soi. La Corse peut être fière de votre combat pour sa dignité et l'honneur de son peuple.
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J
"Internet n’oublie rien, mais ne retient rien non plus": je ne sais pas si c'est de vous, mais c'est encore une fois une belle formule. Merci généralement pour ce blog que je prends toujours<br /> beaucoup de plaisir à visiter et lire, pour son écriture de qualité et ce difficile mélange que l'on y trouve, d'ouverture d'esprit humaniste et de force de conviction sans concession sur le fond.
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Présentation

  • : Jean-Guy Talamoni
  • : Jean-Guy Talamoni est avocat. Président de l'Assemblée de Corse, il a publié deux ouvrages politiques, "Ce que nous sommes" (Ramsay/DCL, 2001) et "Libertà" (2004), ainsi que trois livres sur la langue corse.
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