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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 13:29

drapeau corse

La prise en compte par l’Assemblée territoriale des revendications portées par le mouvement de libération nationale a fait connaître au débat politique en Corse des évolutions importantes, et ces évolutions permettent d’entrevoir une possible sortie de crise.   

Dans cette situation, Corsica Libera a tenu toute sa place en participant  aux échanges de manière constructive à travers ses propres contributions.

Elle a également permis une amélioration  des conditions de ce débat, en proposant à l’ensemble des forces politiques la construction d’un projet ambitieux, afin de régler au fond et sur le long terme la question nationale corse, et en organisant une réunion publique et transparente entre élus de toutes tendances, à l’occasion des Ghjurnate Internaziunale de Corti.

Corsica libera a démontré par des actes forts sa volonté d’aboutir à un accord politique général susceptible d’amener notre pays sur la voie de l’apaisement et du développement économique social et culturel.

Depuis, de nouveaux contacts ont été pris avec des élus se situant parfois très loin de nos options politiques, parce que, selon nous, tout règlement de la question corse ne pourra  réussir qu’en associant dans un projet commun non contraignant les forces qui, idéologiquement, sont les plus éloignées et qui se sont combattues, afin de bâtir un véritable espoir pour notre pays.

Ces contacts ont confirmé qu’il était désormais possible en Corse d’envisager une réforme audacieuse et largement consensuelle, de nature à répondre aux graves problèmes qui assaillent notre peuple, et à dessiner ainsi les contours d’une solution politique.

L’ensemble des composantes de la société corse semble à présent y aspirer, et nous observons d’ailleurs que l’action politique et les positionnements  récents du FLNC participent à l’évidence de cette volonté de sortie de crise.

Les conditions sont maintenant réunies pour mettre en route un règlement politique et démocratique de la question corse. Chacun est face à ses responsabilités : au moment où notre pays a tant besoin de paix et de développement, nous devons proscrire  les postures idéologiques et les jeux politiciens pour préserver l’avenir de notre peuple. Tout autre choix serait irresponsable et personne ne pourrait en prévoir les conséquences.

Dans cette situation, alors que nous arrivons au moment où des décisions politiques importantes doivent être prises, Corsica Libera précise sa position :

 

Selon nous, le projet actuellement en cours d’élaboration au sein des commissions de l’Assemblée de Corse, et notamment  la Commission Chaubon, doit répondre aux principales attentes de la Corse et  répondre réellement à ces attentes.

Pour notre part, après avoir procédé aux consultations et études nécessaires et avoir également pris connaissance de celles qui ont été commandées par l’Assemblée de Corse, nous estimons que la réforme ne pourra faire l’impasse sur quatre mesures essentielles :

 

-         une citoyenneté corse fondée sur 10 ans de résidence comme condition pour acquérir un bien immobilier ;

-         Le pouvoir législatif pour l’Assemblée territoriale ;

-         L’officialité de la langue corse ;

-         La révision de la Constitution française pour permettre la mise en œuvre des trois mesures précédentes.

 

Nous ajoutons que la question des prisonniers devra intervenir  nécessairement à un moment donné du processus en cours, et ce avant la conclusion d’une solution politique définitive avec l’Etat français.

 

Au delà de ces mesures cardinales, Corsica Libera rappelle ses positions :

 

-         Corsisation et corsophonisation des emplois ;

-         Droit de vote réservé aux citoyens corses, dans le cadre des élections territoriales et des référendums éventuels ;

-         Refonte des listes électorales ;

-         Architecture institutionnelle et mode de scrutin consommant une rupture totale avec le système des Conseils généraux, refuge du clientélisme le plus archaïque.

-         Transfert au budget de la CTC du produit de l’ensemble des impositions acquittées par les Corses.

-         Rétablissement de l’exonération des droits de succession, excepté pour celles atteignant un niveau particulièrement important.

 

S’agissant de cette dernière question et compte tenu de l’échéance devant intervenir à la fin de l’année (alignement sur le droit commun français), nous proposons la réactivation de la « Coordination pour un statut fiscal corse » qui a mené le combat des arrêtés Miot depuis de nombreuses années, afin d’organiser une grande manifestation, à laquelle l’Assemblée de Corse pourrait formellement s’associer par une délibération, comme cela  a été le cas en juin 1996.

 

Pour en revenir au projet global, compte tenu de la position d’attente de Paris, il importe que ce projet en cours d’élaboration soit soutenu, dans un premier temps par une forte majorité d’élus de l’Assemblée, et dans un second temps par une large majorité du peuple corse à travers une consultation populaire.

Fort de ce soutien, le projet de la Corse ne devra pas, selon nous, servir de base de négociation avec Paris mais être présenté tel quel au gouvernement français pour sa mise en œuvre et répondre ainsi aux aspirations actuelles de notre pays.

En effet, si le projet élaboré par l’Assemblée est placé à un niveau pertinent, il ne saurait être édulcoré sans être privé de son efficacité.

 

Par ailleurs, nous prenons acte de l’adoption par l’Assemblée territoriale de la notion de peuple corse, et ce à l’unanimité des votants, dans le cadre des orientations du PADDUC.

Nous estimons que ce point fondateur, l’affirmation de l’existence du peuple corse par l’Assemblée, devrait se faire le moment venu de façon plus solennelle, à travers une délibération spécifique que nous espérons unanime.

Notre groupe a donc déposé une motion en ce sens sur le bureau de l’Assemblée. Cette motion constitue dans notre esprit une base de travail susceptible d’être amendée, afin que l’ensemble des groupes politiques représentant la société corse puisse s’y reconnaître. Nous demandons par conséquent que notre projet de motion fasse l’objet d’un travail en commission avant d’être débattu en séance publique.

 

Ajoutons que nous poursuivrons, dans les jours à venir, les rencontres annoncées lors des Ghjurnate internaziunale avec les principaux responsables politiques de l’île, afin d’approfondir les échanges initiés à Corti.

Enfin, nous demandons à chacun de mesurer le sens des responsabilités dont fait preuve notre mouvement en proposant un compromis historique permettant de passer du conflit actuel à une phase d’apaisement et de construction, étant rappelé que cette phase constitue pour nous une étape vers la souveraineté pleine et entière : l’indépendance nationale.

 

 

 

                   CORSICA LIBERA

 

 

 

 

 

En annexe : la motion déposée par le groupe Corsica Libera à l’Assemblée de Corse.

 

MOTION:

Considérant la délibération de l’Assemblée de Corse en date du 13 octobre 1988,

Considérant les différentes démarches engagées depuis auprès des gouvernements français successifs, visant à défendre les intérêts culturels, économiques, sociaux et politiques des Corses,

Considérant les processus de dialogue ayant eu lieu ces dernières années entre l’île et Paris, n’ayant pas permis de traiter la question corse de façon satisfaisante,

Considérant les travaux engagés depuis mars 2010 par l’Assemblée territoriale sur des dossiers essentiels, susceptibles de déterminer l’avenir de la Corse, qu’il s’agisse des questions linguistique, foncière, fiscale, de transports ou d’aménagement du territoire,

Considérant les rapprochements de points de vue ayant eu lieu ces derniers mois entre groupes politiques de sensibilités différentes,

Considérant la volonté s’étant manifestée de faire ainsi prévaloir les intérêts supérieurs de la Corse sur les considérations partisanes,

Considérant que la notion de peuple corse constitue le socle politique et symbolique sur lequel pourra être construit l’avenir de notre communauté,

 

L’ASSEMBLEE DE CORSE

 

Réaffirme solennellement l’existence d’une communauté historique et culturelle vivante regroupant les Corses d’origine et les Corses d’adoption : le peuple corse.

Elle revendique pour cette communauté le droit à la survie et au développement économique, social et culturel.

En conséquence, l’Assemblée de Corse demande la prise en compte du projet par elle élaboré pour la défense des intérêts matériels et moraux de l’ensemble des Corses, intérêts dont elle a la charge.

 

 

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Published by jean-guy talamoni - dans Articles politiques
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Présentation

  • : Jean-Guy Talamoni
  • Jean-Guy Talamoni
  • : Jean-Guy Talamoni est avocat. Président de l'Assemblée de Corse, il a publié deux ouvrages politiques, "Ce que nous sommes" (Ramsay/DCL, 2001) et "Libertà" (2004), ainsi que trois livres sur la langue corse.
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