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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 19:53
Point de vue sur la crise des migrants

La crise dite « des migrants » a donné lieu à une généreuse mobilisation, mais aussi à des réticences, voire à des propos difficilement acceptables. Il nous appartient, comme à tout courant politique, d’exprimer une position et de le faire clairement. Le rôle des responsables politiques est selon nous de proposer des chemins au peuple et non de suivre une opinion publique désorientée et inquiète pour s’assurer de ses suffrages le moment venu.

Rappelons dès l’abord quelques évidences. Dans la crise qui nous occupe, l’Europe a une responsabilité écrasante puisqu’elle a directement contribué à créer le chaos existant aujourd’hui au Moyen-Orient. La Corse, nation d’Europe, n’a pas eu son mot à dire, n’étant pas pour l’heure un Etat constitué. Ainsi, ses élus légitimes n’ont pas été consultés lorsque la base de Solenzara située sur son territoire a été utilisée pour procéder à des opérations militaires hasardeuses, quand elles n’étaient pas tout simplement démentes. L’aspect géopolitique est évidemment central dans cette affaire. L’Europe politique que nous appelons de nos vœux aura des décisions à prendre dans les temps à venir pour corriger les terribles erreurs commises dans les Etats dont nous recevons aujourd’hui les ressortissants. En effet, contribuer au rétablissement de la paix dans ces pays est une nécessité absolue, sauf à considérer que cet exode est dans l’ordre des choses et qu’il doit se poursuivre.

Nous en venons à la situation d’urgence et à l’attitude à adopter. D’aucuns soulèvent les difficultés sociales de la Corse qui ne seraient pas compatibles avec l’accueil des réfugiés. Certains étayent leur analyse en faisant observer que dans l’île même les cas de précarité sont nombreux, et que ces derniers doivent être prioritaires. L’analyse peut paraître logique. Elle est pourtant spécieuse. On pourrait tout d’abord remarquer que ceux qui viennent au secours des réfugiés sont souvent les mêmes qui se sont engagés depuis des lustres au bénéfice des précaires locaux. Et qu’à l’inverse, bien souvent, ceux qui évoquent ces derniers dans leurs discours actuels s’en sont peu préoccupé jusqu’à présent…

Pour autant, les difficultés de la Corse sont réelles. Nos taux de chômage et de précarité sont extrêmement élevés. Dans le même temps, notre taux d’immigration est deux fois plus élevé que la moyenne des pays de l’OCDE, et quatre fois plus élevé que celui de la France… (Et oui, contrairement à une idée répandue dans l’hexagone, ce dernier est loin d’être accueillant !) Pour paraphraser Michel Rocard « La Corse ne peut accueillir toute la misère du monde mais elle doit en prendre sa part », propos que le Premier ministre appliquait quant à lui à la France, conciliant humanisme et bon sens, éthique de conviction et éthique de responsabilité. S’agissant de l’immigration économique, on peut dire que jusqu’à présent la Corse en a pris plus que sa part, ce qui est tout à son honneur mais qui pose pour l’avenir le problème du contrôle par notre peuple de ses flux migratoires, pouvoir dont disposent déjà les Catalans et que le mouvement national revendique depuis fort longtemps.

Toutefois, il ne s’agit pas ici d’un cas d’immigration économique mais de réfugiés que la guerre a jetés vers l’Europe. Que faire devant cette urgence ? Tenter de barricader ses portes en tremblant, comme certains le suggèrent? Ceux qui ont « une certaine idée de la Corse », ceux qui considèrent que nous sommes une nation, et non une population apeurée sur un morceau de territoire français, ne peuvent avoir cette attitude. En premier lieu, parce que le droit d’asile relève du jus gentium appliqué par tous les pays civilisés. En second lieu, parce que cette forme particulière d’hospitalité est chez nous essentielle, de par nos racines culturelles chrétiennes et notre propre tradition politique. À cet égard, le paolisme n’a pas fini de nous délivrer ses enseignements.

Par ailleurs, ne peut-on mettre à profit l’émotion suscitée par cet épisode dramatique pour fédérer toutes les ressources disponibles dans le sens d’une solidarité organisée face à toutes les situations de détresse ? L’Assemblée de Corse ne pourrait-elle se doter d’une entité politique en charge de la coordination de l’ensemble des administrations, des associations et des particuliers, non seulement pour participer – dans la mesure de nos modestes capacités – à la gestion de la présente situation de crise, mais à plus long terme pour venir en aide à tous ceux qui dans l’île éprouvent les plus grandes difficultés ? Ainsi, non seulement les détresses locales ne seraient pas délaissées au profit des réfugiés mais ces derniers auraient provoqué une prise de conscience salutaire au bénéfice de tous. Car la générosité et la solidarité n’ont pas vocation à se diviser mais à s’additionner.

Lors du prochain débat à l’Assemblée de Corse, nous ferons des propositions en ce sens qui nous paraît être celui du courage, de la dignité et de la responsabilité.

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Published by jean-guy talamoni
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commentaires

stonenkove 11/09/2015 07:17

Ce n'est pas à un peuple colonisé et déjà minoritaire sur sa terre de faire les frais de la politique étrangère erronée et criminelle de la France. Je préfèrerais entendre les responsables nationalistes dénoncer l'Otan, la Turquie, les monarchies du Golfe, le massacre des chi'ites du Yémen et des chrétiens d'Orient. Quant aux fameux malheureux qui arrivent par dizaines de milliers, ils ont pu débourser 6000 euros par tête de pipe, ont un I-phone dans la poche et refusent les colis humanitaires car non halal. Pendant qu'on a les yeux braqués sur le flux provenant de Syrie, celui en provenance de Libye se poursuit également, et tous ceux qui embarquent le font sous le contrôle de Daech, à qui Sarkozy et BHL ont livré le pays sur un plateau. Faudra pas pleurer quand on découvrira que des migrants auront participé aux prochains attentats. Le premier devoir d'un Etat est de protéger son peuple, droit d'asile ou pas.

Le pédagogue 10/09/2015 21:30

Le pédagogue:


Au début du mois de septembre 2015, la publication par le quotidien britannique « The Independent », de la photo de la dépouille d’un enfant mort en mer, comme des milliers d’autres personnes qui tentent, depuis un certain temps déjà, d’atteindre d’autres rivages, semble avoir provoqué « une certaine émotion », face à « l’afflux des migrants ».
Depuis longtemps, bravant tous les dangers, des milliers de personnes, hommes, femmes, et enfants, chassé par les horreurs répandues dans les pays d’origine, tentent d’arriver en Europe et d’y rester, en dépit de l’hostilité dont elles sont l’objet, et qui ne date pas d’aujourd’hui.
Ce « processus migratoire » ne cesse de mettre en relief certaines conséquences des méfaits du système colonialo-impérialo-sioniste qui a semé, et qui sème encore, l’oppression partout.
En arabe, les personnes qui prennent la mer pour atteindre l’Europe sont appelés « lhrraaga ».
Les « brûleurs ».
J’en ai déjà parlé, mais ce n’est pas la première fois que je reprends ce dont j’ai déjà palé.
Ce sont généralement des personnes qui tentent, à bord d’embarcations de fortune, de quitter l’Afrique et d’autres pays situés ailleurs, pour atteindre l’Europe, la forteresse, où ils sont considérés, lorsqu’ils y arrivent, ce qui n’est pas toujours le cas, comme « clandestins ».
« Brûleurs » parce que avant de se lancer dans cette tentative d’atteindre des côtes européennes, beaucoup brûlent tous les documents qui peuvent permettre de les identifier et donc de les expulser vers les pays de départ.
Des pays où sévissent des régimes fondés sur l’imposture, le crime, la trahison, la tromperie, la corruption, l’injustice, la perversion, la débauche, le mensonge, le pillage, l’oppression, l’exploitation, le viol, la torture, l’enfermement, la négation de l’être humain.
Avec ces régimes, pour les populations qui y subissent les horreurs, l’Afrique et d’autres pays situés ailleurs, sont des contréest où la merde gicle et dégouline de partout.
Nauséabonde.
L’esclavage a fait des ravages.
Le colonialisme n’a rien épargné.
Le système colonialo-impérialo-sioniste continue d’alimenter, d’entretenir et de répandre les ordures et la pourriture.
Les régimes mis en place par ce système, sont tenus de tout mettre en œuvre afin de servir les intérêts de leurs employeurs.
Ces employeurs, qui connaissent mieux que quiconque leurs employés et qui n’ignorent rien de leurs pratiques, savent qu’ils sont assoiffés de sang, d’argent et de vices, qu’ils sodomisent et massacrent des hommes, violent, méprisent, humilient et tuent des femmes, s’adonnent à la pédophilie et font disparaître des enfants.
Ce qui a été appelé « l’indépendance dans l’interdépendance », « la révolution » ou « la fin de l’apartheid », n’a pas débarrassé les « indigènes » de l’asservissement, des persécutions, de l’oppression, de l’exploitation, de l’arbitraire, des enfermements, des tortures, des humiliations, des vexations, des injustices et autres.
Les criminels mis à la « tête » des « États » dits « indépendants » ont des comptes bancaires partout, des lingots d’or, des pierres précieuses, des bijoux de grande valeur, des fermes modèles, des haras, des propriétés immobilières sans nombre, des résidences dans les « grandes capitales » et au bord de « plages pour milliardaires », des palaces, des tableaux de peintres de renom, des cabarets, des boîtes de nuit, des salles de jeu, des restaurants, des voitures luxueuses, des avions, des bateaux.
Ils affament et détruisent avec l’appui de leurs employeurs, investissent dans les lieux de la débauche, se font livrer par vols entiers des débauchés dits stars, artistes et autres, des alcools et des drogues à profusion, des mets pour « civilisés » que les « barbares » ne connaissent même pas de nom, raffolent de sexe sans frontières et de partouzes.
Ils salissent et souillent tout, recourent à la dépravation, à la censure, aux usurpations, aux falsifications, aux trafics, aux trahisons, aux tromperies, aux tricheries, aux enlèvements, aux séquestrations, aux emprisonnements, aux supplices, aux liquidations, aux tueries, aux massacres et autres à des degrés inimaginables.
Les « empires coloniaux » ont peut-être disparu, mais pas les effets du colonialisme.
Le système colonialo-impérialo-sioniste a imposé à des populations entières de par le monde de chercher des moyens de subsistance dans des conditions, le plus souvent, atroces.
Beaucoup parmi elles, rurales, se sont trouvées dans des faubourgs de villes nouvelles coloniales, contraintes de s’adapter à des modes de survie dans des bidonvilles.
Ces populations ont connu la transplantation forcée dans leur pays d’origine, avant qu’elles ne soient poussées à le quitter parfois pour fournir la main d’œuvre, taillable et corvéable à merci, dont les métropoles avaient besoin.
Le processus migratoire ne peut pas être compris en occultant l’histoire de la transplantation d’êtres de sociétés rurales, d’êtres colonisés, maintenus dans l’ignorance, dépossédés, sans moyens, dans des sociétés industrialisées qui par de multiples mécanismes ont imposé et imposent leur domination.
Les pays d’Afrique et d’autres pays situés ailleurs, restent pour les employeurs des réserves de matières premières et de main d’œuvre, des marchés pour tout écouler, des points stratégiques pour les militaires, des terrains d’expérimentations des armements, des lieux de pédophilie et autres « loisirs pour touristes », des dépotoirs multiples et variées et des décharges d’immondices.
Ces pays sont dotés d’une armée et d’une police très opérationnelles pour les oppressions et les massacres des populations.
À cet effet, le système colonialo-impérialo-sioniste leur vend les armes nécessaires et se charge de la formation et de la coopération pour les tueries.
Ces armes sont vendues au prix fort par ce trafiquant, qui alimente, oriente, entretient et contrôle les conflits armés entre ses employés.
Doté d’avions bombardiers des plus performants dans les exterminations, d’une flotte maritime pour les agressions, d’innombrables chars de carnage, de missiles, d’équipements militaires les plus récents, d’armements sophistiqués, d’armes nucléaires, le système colonialo-impérialo-sioniste répand la terreur.
Dans ce domaine, une certaine « préséance » est reconnue à la France en Afrique, qu’elle continue de considérer comme sa « chose ».
Depuis un certain temps, l’Europe ne veut plus que ces « hrraaga » émigrent pour atteindre « la forteresse ».
Elle fait tout afin d’empêcher leur venue, mais ces « brûleurs » sont décidés à tout faire pour s’évader des bagnes que sont les pays d’origine.
Ils n’ont rien à perdre.
Ils continuent de mourir pour fuir ce qu’ils ne peuvent plus supporter.
Afin de les contenir, l’Europe verse des sommes énormes à ses employés pour qu’ils usent de tous les moyens de rétention.
Par ailleurs, en plus des possibilités illimitées de chaque État d’Europe, l’Union Européenne a mis en place une force dite « Frontex » avec des avions, des hélicoptères, des navires et autres, destinés à protéger « la forteresse » des assauts des « miséreux »
Mais rien n’arrête « lhrraga ».
Surtout pas les naufrages au large de l’île italienne de Lampedusa et ailleurs qui ont entraîné la mort de centaines de personnes, qui s’ajoutent aux milliers d’autres naufragés dans la mer contrôlée par cette Europe où ils rêvaient de survivre plus décemment que « chez eux ».
Les criminels installés à la « tête » des « États » d’Afrique et d’autres pays situés ailleurs, s’en foutent bien sûr.
Complètement.
Et recourent au pire.
Tout cela est noyé évidemment.
Les imposteurs, à l’œuvre depuis des lustres, ont toujours usé d’une diarrhée verbale pour camoufler leurs crimes.
Des mots qui alimentent et entretiennent le faux.
Gonflés d’orgueil et d’arrogance, ils répandent leur diarrhée.
Ils donnent des leçons qu’ils ne s’appliquent pas à eux-mêmes.
Sèment les tromperies et toutes les horreurs selon l’étable de leur loi, dites les tables de la loi.
Ils veulent imposer leur « Histoire », avec hache majuscule, pour décapiter la Vérité.
Ils font semblant de « s’offusquer » des effets de ce dont ils sont la cause.
Les coups les plus inimaginables sont montés.
Les manipulations les plus incroyables sont pratiquées.
Les mensonges les plus éhontés sont servis.
Les hommes, les femmes et les enfants qui continuent d’arriver en Europe et ailleurs, imposent de réfléchir sur ce qui a été décrit il y a des décennies :
« Ils avaient le pas pesant, les bras ballants et la face effarée. Ceux qui s’arrêtaient pour les voir passer fermaient brusquement les yeux, en une minute de doute intense et subit, où l’origine et la fin conventionnelles de l’homme étaient vélocement révisées, les classifications des règnes et les métaphysiques mises à bas et échafaudées de nouveau comme un château de cartes sur leurs mêmes fondements et suivant la même systématique […] ils ouvraient les yeux : la faillite de la civilisation, sinon de l’humanité, qu’ils avaient vu défiler vêtue de fripes, ou, à tout le moins, des fripes emplies de néant » (Driss Chraïbi, Les Boucs, Paris, éditions Denoël, 1955, P. 26).

Arbouse 24/12/2015 14:16

Merci! Merci, c'est exactement ça. L'horrible vérité sans espoir aucun.

rughju 10/09/2015 08:02

24000 MIGRANTS EN 2 ANS A ACUEILLIR EN FRANCE SI L ON COMPTE SUR 95 DEPARTEMENTS FRANCAIS ET MEME SUR 1 AN CELA FAIT UNE LMOYENNE DE 250 PERSONNE PAR DEPARTEMENT .MAIS L IMMIGRATION ECONOMIQUE ET CLANDESTINE CONTINUE ET LES FAITS DES DERNIERS JOURS CACHENT CEUX CI .ALORS SOLIDARITE OUI MAIS......250 REFUGIES OUI 200 000 CLANDESTIN ET IMMIGRES PAR AN NON .

Cianelli 09/09/2015 22:42

Merci pour ce que tu écris Jean Guy. Entièrement d'accord

squarcini Félicia 09/09/2015 22:36

d'accusentu incu tè

Présentation

  • : Jean-Guy Talamoni
  • Jean-Guy Talamoni
  • : Jean-Guy Talamoni est avocat. Président de l'Assemblée de Corse, il a publié deux ouvrages politiques, "Ce que nous sommes" (Ramsay/DCL, 2001) et "Libertà" (2004), ainsi que trois livres sur la langue corse.
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